Le FC Metz recrute !

Clap de fin pour Sylvain Marchal

Après huit années de bons et loyaux services sous le maillot grenat, Sylvain Marchal met officiellement un terme à sa carrière de footballeur ce vendredi 12 février. Eloigné des terrains depuis sa blessure en avril dernier, le joueur aux 278 matches de Ligue 1 et 104 de Ligue 2 raccroche les crampons tout juste après avoir soufflé sa trente-sixième bougie. Entretien avec l’ex-capitaine messin.
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Défenseur expérimenté, avec 410 rencontres professionnelles au compteur - dont 278 en Ligue 1 et 104 en Ligue 2 -, Sylvain Marchal a marqué l’histoire du football français. Passé par Châteauroux, Lorient, Saint-Etienne ou encore Bastia, le défenseur central a toutefois effectué la majorité de sa carrière hexagonale sous le maillot floqué à la Croix de Lorraine, de 1996 à 2005 et de 2013 à 2015.

Fort de ses 144 matches disputés avec le Football Club de Metz, Sylvain Marchal fait partie des joueurs désormais emblématiques du club lorrain. Formé sur les bords de la Moselle, après avoir bourlingué sur les pelouses de Ligue 1, le défenseur central est revenu au bercail pour terminer sa carrière et apporter toute son expérience à la jeunesse messine de retour en Ligue 2, après une année en National. Quelques mois plus tard, le capitaine des Messins soulevait le trophée de Champion de Ligue 2 et faisait partie des artisans du retour des Grenats en Ligue 1.

Blessé en avril dernier, Sylvain Marchal n’a plus disputé de rencontre officielle depuis. Ce vendredi 12 février, deux jours après avoir soufflé sa 3trente-sixième bougie, le natif de Langres a décidé de raccrocher les crampons pour de bon. Educateur au centre de formation grenat, aux côtés de Christophe Walter avec la section U17 depuis le début de la saison 2015-2016, Sylvain Marchal se tourne désormais vers de nouveaux projets.

A travers cet entretien, l’ex-défenseur messin fait le bilan de sa riche carrière, se prête au jeu de l’interview décalée et nous livre son équipe-type composée exclusivement de joueurs qu’il a côtoyés.

ENTRETIEN

Vous n’avez pas joué depuis le mois d’avril dernier suite à votre blessure au genou. Après plusieurs mois de convalescence, vous avez finalement décidé de mettre officiellement un terme à votre carrière de footballeur.

Sylvain Marchal : « Effectivement, après ma blessure je me suis laissé la possibilité de revenir sur les terrains pour, justement, ne pas terminer ma carrière sur un pépin physique. J’ai attendu le dernier moment pour essayer de reprendre la compétition mais j’ai malheureusement été forcé de constater qu’il fallait savoir dire stop. »

Vous avez donc bien mûri votre décision ?

S. M. : « Je m’étais laissé jusqu’au mois de janvier pour faire le point, afin de ne pas avoir de regrets. Même si depuis quelque temps je m’étais préparé à cette éventualité, j’ai vraiment attendu le dernier moment avant de prendre cette décision, donc oui, c’est une décision mûrement réfléchie. »

Comment envisagez-vous votre retraite sportive ?

S. M. : « La suite de ma carrière, je la vois dans le football, c’est sûr ! Je suis actuellement en formation pour passer tous mes diplômes d’entraîneur, j’en ai d’ailleurs déjà quelques-uns ainsi qu’une formation en management du sport. J’ai envie de redonner au football tout ce qu’il m’a donné. Je me forme actuellement aux côtés de Christophe Walter, avec la catégorie U17 du centre de formation du FC Metz. »

Quelle est la chose qui va le plus vous manquer ?

S.M. : « Il y a l’adrénaline du match, le jour du match, les entraînements, bref, le rythme du footballeur en général ! Je me dis que cela fait partie du cycle de la vie, qu’il faut laisser la place aux jeunes et qu’il est temps de planifier d’autres projets. J’ai quand même eu le temps de m’habituer à l’idée de prendre ma retraite et cela m’a permis de me projeter sur autre chose. »

Vous êtes un « joueur de vestiaire » et vous avez été notamment capitaine dans plusieurs clubs. Est-ce que c’est ce rôle de leader que vous avez eu tout au long de votre carrière qui vous a motivé à devenir entraîneur ?

S.M. : « Oui, sans doute. Je dois dire que je me suis toujours posé des questions sur la façon de jouer de mes différents coaches, sur la tactique et les contenus des entraînements. J’ai à chaque fois essayé de comprendre et de réfléchir au but de ce que l’on nous fixait donc, naturellement, cela a renforcé mon envie de devenir entraîneur. C’est finalement quelque chose qui me semble assez logique au vu de mon parcours. »

Envisagez-vous de travailler plutôt au sein d’un effectif professionnel ou plutôt dans la formation ?

S.M. : « Pour l’instant, je suis dans une phase d’apprentissage et je me laisse le temps de digérer ma retraite. Je vais aussi voir avec le club, dans une réflexion commune, ce qu’il est possible de faire, là où on peut avoir besoin de moi et où je peux m’épanouir. Il n’y a rien de figé pour le moment, je me laisse quelques semaines pour réfléchir à tout cela. A priori, ce sera avec le FC Metz, puisque c’était prévu ainsi lorsque je suis revenu en Lorraine. »

SOUVENIRS, SOUVENIRS…

Quel souvenir gardez-vous de votre premier match en tant que professionnel ?

S.M. : « C’était à Monaco, en 1999. J’étais annoncé titulaire. Je pensais alors débuter le match et je m’étais un peu mis la pression… pour rien puisqu’au final j’ai démarré sur le banc ! Nous avions fait match nul (0-0), ce qui était un bon résultat à l’extérieur. Je ne suis pas certain d’avoir touché beaucoup de ballons dans ce match, donc ce n’était pas forcément quelque chose de très fort sur le coup, mais c’était une première étape de franchie. »

En revanche, gardez-vous un meilleur souvenir de votre premier match en temps que titulaire ?

S.M. : « Mon premier match complet c’était à domicile, en juillet 1999, contre Rennes. C’était le premier match de la saison et je me souviens avoir joué contre Shabani Nonda, un très bon attaquant passé notamment par Monaco. J’avais fait un bon match donc forcément c’est un souvenir très positif. »

En tant que défenseur, vous avez marqué treize buts au cours de votre carrière. Si vous deviez n’en retenir qu’un seul, lequel choisiriez-vous ?

S.M. : « Il y a un but qui m’a vraiment marqué, j’étais alors à Lorient. Je l’ai d’ailleurs cherché en vidéo sur internet, mais je ne l’ai jamais retrouvé. Nous avions battu Brest 5-0 et je marque grâce à une combinaison sur un coup-franc. Je pars du mur et Karim Ziani me glisse la balle, puis j’effectue un piquet sur Steve Elana si mes souvenirs sont bons. C’est un but plutôt sympa et j’ai d’ailleurs inscrit le seul doublé de ma carrière ce soir-là. »

Puisque vous avez été défenseur central, parlez-nous aussi d’un sauvetage dont vous êtes plutôt fier.

S.M. : « Avec Saint-Etienne, j’ai tenté un geste défensif assez risqué. Un centre passe juste devant le but, je sais qu’il y a un attaquant derrière moi et que je ne peux pas dégager avec mon pied gauche. Si je ne touche pas le ballon il y a but, mais il y a trois chances sur quatre que je marque contre mon camp. Au final, je sors le ballon en corner avec ma poitrine, à ras du poteau ! »

Vous avez joué quatre derbies lorrains dans votre carrière. Lequel vous a le plus marqué ?

S.M. : « Il y a bien évidemment la victoire (3-0) à domicile en 2013/2014. Je me rappelle surtout de l’ambiance. Dans le jeu, nous avions fait un gros début de match et nous avons été plutôt constants sur l’ensemble de la partie. Le retour de la victoire à l’extérieur m’a aussi marqué avec tous les supporters qui nous attendaient au retour de Nancy. Les deux derbies d’il y a deux ans ont été, chacun dans leur style, des matches très intéressants à disputer, avec de bons souvenirs à la clef. »

Au travers de vos différents clubs, vous avez participé à de nombreux autres derbies, avez-vous un souvenir particulier de chaque ?

S.M. : « Avec Bastia, nous avons gagné à domicile 1-0 contre Ajaccio, dans une période où nous n’étions pas très en forme. Le match était assez tendu, avec quatre rouges distribués et un début de bagarre générale à la fin de la rencontre. C’était assez chaud, mais j’en garde un super souvenir. Avec Saint-Etienne, j’ai eu la chance de gagner le centième derby contre Lyon. Cela faisait dix-huit ou vingt ans que Saint-Etienne n’avait pas remporté de derby. Le match avait lieu à Lyon, et nous avions gagné 0-1 avec un but de Dimitri Payet sur coup-franc. Au retour à Saint-Etienne, il devait y avoir au moins 1500 personnes qui nous attendaient à trois heures du matin. C’était fou !  Avec Lorient, le derby qui m’a le plus marqué est celui contre Brest puisque j’avais inscrit deux buts, un fait suffisament rare pour être souligné (rires). »

En 2013, vous retrouvez le club à la Croix de Lorraine, votre club formateur, en tant que joueur d’expérience. Qu’est-ce qui a motivé votre choix à l’époque ? 

S.M. : « Ce qui m’a motivé est le fait que le FC Metz soit justement mon club formateur. J’ai toujours gardé contact et suivi les résultats. Je suis attaché au club donc je trouvais que c’était une bonne chose de revenir donner un coup de main, une belle manière de boucler la boucle. Et puis j’ai eu aussi l’opportunité de préparer ma reconversion. »

Au cours de votre carrière, vous n’aviez pas remporté de trophée avant votre avant-dernière saison, en 2013-2014. Etait-ce quelque chose qui manquait à votre vie de footballeur ?

S.M. : « J’ai joué des demi-finales de coupe mais c’est vrai que je n’ai pas eu l’occasion d’en gagner. Je n’ai pas évolué dans des clubs qui jouaient, à l’époque, les premiers rôles. Ce titre de Champion de Ligue 2, j’en suis très fier ! Avant tout parce que c’était avec mon club formateur mais aussi car mes enfants étaient assez grands pour partager ce moment. Je pense qu’ils s’en rappelleront plus tard, surtout qu’ils ont pu suivre toute la saison en assistant à tous les matches à domicile. C’est aussi pour cela que ce titre a une valeur particulière pour moi. Comme tout joueur, j’aurais aimé avoir la chance de remporter une Coupe de France ou une Coupe de la Ligue mais cela n’a malheureusement pas été le cas.»

Vous avez connu de nombreuses périodes au FC Metz, une première en tant que jeune joueur, une autre en tant que joueur d’expérience et maintenant une troisième en tant qu’éducateur. Quelle a été votre période favorite ?

S.M. : « Ces périodes sont toutes différentes mais il y a du bon dans chacune d’elles. Mon premier passage à Metz, c’était l’époque de l’insouciance. Au centre de formation, nous étions une bande de copains et nous jouions sans trop nous poser de questions. La deuxième période était plus compliquée puisque, malgré tout, je me suis mis un peu en danger. J’étais attendu, avec l’étiquette de joueur expérimenté collée sur mon front, donc c’était peut-être plus risqué pour moi, mais cela s’est globalement bien passé. Et puis la troisième sera, je l’espère, encore meilleure. »

Quel est votre plus beau souvenir de votre carrière de joueur ?

S.M. : « Très sincèrement, je garde de bons souvenirs de tous les clubs où je suis passé. Nous avons atteint les objectifs fixés à chaque saison quasiment et j’ai eu la chance de jouer avec d’excellents joueurs. J’ai appris beaucoup auprès de coaches de qualité, dans des contextes différents. »

Et, au contraire, le pire ?

S.M. : « Je n’ai pas de « pire » souvenir, mais peut-être qu’une expérience à l’étranger aurait pu être intéressante. Je ne regrette pas d’avoir fait toute ma carrière en France, mais une année à l’étranger aurait pu être un plus. »

Avez-vous des regrets ?

S.M. : « Le seul regret que j’aie est que j’ai effectué mes « moins bonnes » saisons à Metz, et ce pour diverses raisons. Au début de ma carrière, j’ai eu beaucoup de blessures donc je n’ai pas pu m’imposer sur la durée. Je suis un peu arrivé sur le tard finalement puisque je n’ai commencé à enchaîner les matches que vers 23-24 ans. Quand je suis revenu à Metz, j’étais plus sur la fin de ma carrière. A part cela,  je n’ai pas de regret particulier. »

INTERVIEW DECALEE

Si vous deviez choisir…

Un Club : Le FC Metz.

Un Stade : Geoffroy Guichard.

Une ambiance : Celle des derbies, quels qu’ils soient.

Un entraîneur : Christian Gourcuff.

Un coéquipier : J’en ai eu beaucoup… mais je dirais Benjamin Genton.

Un maillot : Mon premier, celui du FC Metz.

Un surnom : Pendant ma première période à Metz, c’était « Kasten », en référence à Sylvain Kastendeuch ce dont j’étais plutôt fier. Par la suite, ce fut « Sylvinho », en hommage à ma technique (rires).

Un match : J’en ai trois. Ma première montée en Ligue 1 avec Metz contre Gueugnon, en 2003, le stade était en ébullition. C’était une année vraiment exceptionnelle, nous avions d’ailleurs fêté cela pendant trois jours ! Ensuite le centième derby avec Saint-Etienne contre Lyon en 2010. Et enfin, le match de la montée en Ligue 1 en 2006 avec Lorient. Nous devions absolument battre Reims pour monter, tout en espérant que Le Havre ne gagne pas avec plus de deux buts d’écart. À la mi-temps nous faisions match nul et j’ai un souvenir mémorable du moment où j’avais pris la parole avec Fabien Audard dans le vestiaire. Au final nous avons gagné (3-0). J’ai des frissons rien que d’en parler !

 

Au cours de sa carrière, Sylvain Marchal a eu l’occasion de croiser de nombreux joueurs. Nous avons demandé à l’ex-Grenat de nous en dire un peu plus sur les footballeurs qui ont croisé sa route.

Si vous deviez élire…

Le plus râleur : Rafik Saïfi (Lorient).

Le plus gentil : Benjamin Genton (Lorient).

Le plus stylé : Hormis moi alors ? (Rires). Ce n’est pas vraiment mon style, mais je dirais Pierre-Emerick Aubameyang (Saint-Etienne). Il avait d’ailleurs une voiture vert pomme avec des strass, qui ne passait pas inaperçue !

Le plus ringard : Jérémy Janot (Saint-Etienne) !

Le plus en retard : Guirane N’Daw (Metz) et Sylvain Monsoreau (Saint-Etienne).

Le plus intello : Marc Boutruche (Lorient), qui est d’ailleurs devenu maire d’une commune de 8000 habitants.

Le plus chambreur : Dimitri Payet (Saint-Etienne) et Karim Ziani (Lorient).

Le plus fou : Gaël Angoula (Bastia), c’est un bon mec mais capable de dégoupiller à tout moment (rires).

Le plus supporter : Benjamin Genton (Lorient), supporter du PSG à 200% !

Le plus fayot : Gelson Fernandez (Saint-Etienne).

Le plus mauvais perdant : Frédéric Meyrieu (Metz).

Le plus bourrin : Même si il a vraiment progressé, je dirais Michaël Ciani (Lorient).

Le plus rapide : Pierre-Emerick Aubameyang (Saint-Etienne) et Kévin Gameiro (Lorient).

Le plus lent : Teddy Bertin (Châteauroux), il était en fin de carrière et n’allait plus très vite (rires).

Le plus beau : Je fais une petite dédicace à Yann Jouffre (Lorient).

Le plus footeux : André-Pierre Gignac (Lorient). Il pouvait suivre des matches de CFA 2 ou même de DH.

Le plus technique : Il y en a eu pas mal… Dimitri Payet (Saint-Etienne), Fredéric Meyrieu (Metz) et enfin Olivier Monterrubio (Lorient).

Le plus rigolo : Yohan Hautcoeur (Lorient), c’est un véritable animateur de camp de vacances (rires).

 

Au fil de sa carrière, Sylvain Marchal a joué avec d’excellents joueurs. Il a ainsi reconstitué pour nous un 11 type de ses meilleurs coéquipiers.
 

 

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