Une Association née d’une fusion
Au début des années 1930, alors que le football se professionnalise en France, deux clubs messins amateurs se distinguent : le Cercle Athlétique Messin (CAM), fréquenté par la bourgeoisie, et l’Association Sportive Messine (ASM), plus populaire.
Le 15 avril 1932, le CAM adhère au Groupement des Clubs Autorisés, l’ancêtre de la Ligue de Football Professionnel, et prend la dénomination de Football Club de Metz. Le club s’engage ainsi dans le premier championnat professionnel français, devenant l’un des pionniers du football professionnel hexagonal. Malgré des infrastructures et des finances confortables, le CAM ne dispose pas des meilleurs joueurs locaux et se rapproche alors de son rival, l’ASM, dans un premier partenariat qui aboutira à une fusion totale quelques années plus tard.
Un chapitre singulier
Entre 1941 et 1944, durant l’annexion de la Moselle, le FC Metz, rebaptisé Fussball Verein Metz est intégré au championnat Gauliga disputé dans le Westmark en tant que divsion administrative de l’Allemagne nazie. Le club y termine trois fois deuxième, manquant de peu la qualification pour la phase finale de la Deutsche Meisterschaft, le championnat national d’Allemagne. Le FV Metz participera également à trois éditions de la Coupe d’Allemagne et atteindra les huitièmes de finale en 1941.
Une résurrection
Au terme du conflit mondial, le FC Metz réintègre le championnat français et entame son processus de reconstruction en bénéficiant d’une protection sportive pendant deux saisons. Les Grenats s’installent durablement en première division et disputeront la bagatelle de 52 saisons au sein de l’élite jusqu’en 2002.
En 1965, après trente-trois ans à la Présidence, Raymond Herlory, passe le flambeau à Paul Mayer, dont le mandant ne dure que deux saisons. Raymond Herlory laisse derrière lui une institution solidement ancrée dans le paysage sportif messin, qu’il a guidée avec constance, notamment durant les périodes les plus tourmentées de l’histoire.
En 1967, une nouvelle ère débute avec l’arrivée de Charles Molinari, visionnaire et bâtisseur, qui modernise le club et pose les bases du FC Metz contemporain.
Sous son impulsion, le club connaît une période faste, avec un football offensif dans les années 1970 porté par des joueurs emblématiques comme Nico Braun (meilleur buteur de l’histoire du club), Hugo Curioni, et la révélation de jeunes talents tels que Patrick Battiston.
Les années 1980 marquent un tournant dans le palmarès du club : Metz remporte deux Coupes de France (1984 et 1988), une Coupe de la Ligue (1986) et réalise l’exploit historique de battre le FC Barcelone en Coupe d’Europe au Camp Nou, 1-4.
Cette dynamique positive se poursuit dans les années 1990 sous la direction de l’entraîneur emblématique Joël Muller, qui façonne une génération talentueuse. Cette décennie est marquée par l’éclosion de joueurs devenus des figures majeures du club, tels que Robert Pirès et Sylvain Kastendeuch. Le club enrichit son palmarès avec une nouvelle Coupe de la Ligue en 1996 et frôle le titre de champion de France lors de la saison 1997-1998, conclue à la deuxième place derrière le RC Lens, au terme de la plus belle saison de son histoire.
Malheureusement après cette saison historique, le club grenat connaît des lendemains difficiles. L’effectif se retrouve affaibli par les départs : Robert Pirès et d’autres cadres quittent le club. La saison 1998-99 est difficile, marquée par blessures, éliminations précoces en Ligue des champions et en Coupe de l’UEFA, et un championnat compliqué, terminé à la 10ᵉ place. Seul point positif : un beau parcours en Coupe de la Ligue, conclu malheureusement par une finale perdue face à Lens.
Les années 2000 débutent par quelques défis, avec des passages entre la Ligue 1 et la Ligue 2. Après une période marquée par des blessures et des départs, le club connaît une relégation à l’issue de la saison 2001-2002, mais voit l’occasion de se reconstruire.
Jean Fernandez prend alors les rênes de l’équipe première avec pour mission de relancer le projet sportif. En s’appuyant sur un effectif rajeuni, il permet au FC Metz de retrouver l’élite dès la saison suivante. Même après le départ de son meilleur buteur, Emmanuel Adebayor, parti à Monaco, le club aborde la Ligue 1 avec ambition et détermination, affirmant sa place parmi l’élite du football français.
Lors de la troisième saison consécutive, en 2005-2006, Jean Fernandez quitte le club, et Joël Muller fait son retour à la tête des Grenats. Cette saison marque un cap symbolique pour le FC Metz, qui franchit la barre des 2000 matches en première division. Bien que le club soit relégué en Ligue 2 à l’issue de la saison, les Grenats continuent de montrer leur résilience : champions de Ligue 2 en 2007 et de retour en Ligue 1 l’année suivante, ils poursuivent leur parcours avec détermination malgré de nouvelles relégations.Parallèlement, la politique de formation du club porte ses fruits, avec l’émergence de jeunes talents tels que Miralem Pjanic, consolidant la réputation du FC Metz comme une référence majeure dans la formation des joueurs.
En 2009, le FC Metz amorce un tournant majeur sur le plan institutionnel. Après plusieurs décennies à la présidence, Carlo Molinari devient vice-président et confie la direction du club à Bernard Serin, qui prend le rôle d’actionnaire majoritaire. Cette transition s’inscrit dans une relation de longue date entre les deux hommes : bien avant sa prise de fonctions, Bernard Serin avait développé des liens étroits avec Carlo Molinari à travers son activité chez Sollac, où il supervisait notamment le partenariat avec le club. Déjà fortement impliqué, il avait investi dans le capital du FC Metz dès 2006, préparant progressivement sa reprise officielle trois ans plus tard. Ce changement inaugure une nouvelle ère, portée par une vision stratégique centrée sur la stabilité financière, le développement des infrastructures et le renforcement durable du système de formation.
Sur le plan sportif, les années suivantes connaissent quelques turbulences. La saison 2009-2010 en Ligue 2 débute de manière irrégulière, malgré l’arrivée remarquée de Sylvain Wiltord lors du mercato hivernal. Après une belle remontée jusqu’à la quatrième place, l’équipe connaît une fin de saison difficile. Yvon Pouliquen est alors remplacé provisoirement par Joël Muller, mais le club échoue de peu à atteindre la montée, témoignant des défis persistants à relever pour retrouver l’élite.
L’intersaison suivante voit un renouvellement significatif de l’effectif et la nomination de Dominique Bijotat comme entraîneur. La saison 2010-2011 se révèle particulièrement difficile, le FC Metz luttant longtemps pour son maintien, finalement assuré lors de l’avant-dernière journée devant une affluence record à Saint-Symphorien.
Le début de saison 2011-2012 est prometteur, mais la dynamique s’essouffle rapidement. L’irrégularité des résultats et un climat tendu conduisent à une fin d’exercice compliquée, marquée par une relégation en National, une première dans l’histoire du club.
Confronté à ce nouveau défi et au risque de perdre son statut professionnel, le FC Metz engage alors une profonde restructuration. La stabilité économique est préservée grâce au soutien continu des partenaires institutionnels et privés, ainsi qu’au transfert de Sadio Mané vers le Red Bull Salzbourg. Bernard Serin confirme Dominique D’Onofrio comme directeur sportif et s’appuie sur un nouveau staff technique, avec le retour d’Albert Cartier à la tête de l’équipe et l’intégration de Grégory Proment dans l’effectif, jetant ainsi les bases d’un renouveau pour le club.
Portée par une dynamique sportive retrouvée et un fort soutien populaire, l’équipe s’installe durablement sur le podium et valide sa remontée en Ligue 2 dès sa première saison, en terminant vice-champion de National. Au mercato estival 2013, le FC Metz renforce son effectif avec pour objectif le maintien en Ligue 2. Le club s’impose 3-0 lors de son premier derby lorrain face à l’AS Nancy-Lorraine depuis six ans et enchaîne sept victoires consécutives, devenant champion d’automne. Après un début d’année plus difficile, Metz assure son retour en Ligue 1 lors de 34e journée en battant l’AJ Auxerre et est sacré champion de Ligue 2 peu après. Le club célèbre sa montée, la deuxième consécutive, lors de la dernière journée contre le Havre AC au Stade Saint-Symphorien.
Les années suivantes sont riches en apprentissages et en construction. Après chaque montée en Ligue 1, le FC Metz doit relever le défi du maintien, alternant entre espoirs et moments d’apprentissage. Plusieurs entraîneurs se succèdent — Albert Cartier, Philippe Hinschberger, Frédéric Hantz — tandis que Philippe Gaillot, Directeur Général Adjoint en charge de la politique sportive, accompagné de Carlos Freitas, œuvre en coulisses pour structurer l’effectif et renforcer les liens entre la formation messine et l’Académie Génération Foot.
Cette période voit l’éclosion de nombreux jeunes talents issus du centre de formation : Bouna Sarr, Yéni Ngbakoto, Maxwell Cornet, Thomas Didillon ou encore Matthieu Udol. Le partenariat avec Génération Foot révèle également des joueurs sénégalais prometteurs tels que Diafra Sakho, Fallou Diagne, Ismaïla Sarr, Moussa Niakhaté ou Habib Diallo, qui brillent progressivement sur les rives de la Moselle, renforçant la réputation du club comme un véritable creuset de talents.
La stabilité sportive s’affirme avec l’arrivée de Frédéric Antonetti, qui réussit à solidifier l’équipe et permet au club de s’installer durablement pendant trois saisons dans l’élite.
Parallèlement, le FC Metz poursuit sa modernisation et son développement. Le nouveau centre d’entraînement à Frescaty, pensé pour répondre aux exigences du football professionnel, accompagne la progression de l’équipe première comme celle de la formation. Le Stade Saint-Symphorien bénéficie également d’une transformation majeure avec la reconstruction complète de la Tribune Sud, dite tribune présidentielle, améliorant l’accueil du public, les espaces hospitalités et permettant de dynamiser la vie du stade tout au long de l’année. Ces investissements illustrent la volonté du FC Metz de s’inscrire durablement comme un club de référence dans le football français, tant sur le plan sportif qu’institutionnel.
La saison 2021-2022 constitue un nouveau défi pour les Grenats, avec une relégation en Ligue 2 et le départ de Frédéric Antonetti. Philippe Gaillot quitte également le club, et la direction sportive est réorganisée : Pierre Dréossi devient directeur sportif et László Bölöni est nommé entraîneur.
Lors de la saison 2022-2023, le FC Metz retrouve la Ligue 1 grâce aux performances exceptionnelles de Georges Mikautadze et Youssef Maziz, Mikautadze terminant meilleur buteur et meilleur joueur de Ligue 2. La saison suivante, malgré le retour de Mikautadze après son prêt par l’Ajax d’Amsterdam en janvier 2024, le club échoue de peu lors du barrage contre Saint-Étienne et retrouve la Ligue 2.
En 2024-2025, malgré le départ de joueurs clés et le remplacement de Bölöni par Stéphane Le Mignan, Metz fait preuve d’une remarquable résilience : le club passe par les barrages pour retrouver l’élite, s’imposant face à Dunkerque puis à Reims. Cette cinquième alternance consécutive entre Ligue 1 et Ligue 2 illustre la capacité du club à rebondir et à se battre pour rester parmi les meilleures équipes françaises.