Aujourd’hui, avec du recul, que pensez-vous de votre parcours ?
Je suis extrêmement fier du chemin parcouru. Aujourd’hui, je vis mon rêve. Mon parcours n’a pas été simple, et j’espère continuer sur cette lancée. J’ai grandi dans une petite ville du sud du Sénégal, toujours avec un ballon au pied. Je me suis toujours imaginé devenir footballeur professionnel, c’était une évidence pour moi. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là et j’ai toujours cru en moi. Cela prouve qu’il ne faut jamais rien lâcher.
Vous n’êtes plus le même que quand vous êtes arrivé…
Physiquement, c’est vrai que j’ai énormément évolué. J’ai beaucoup travaillé pour me développer. À mes débuts, j’étais plutôt réservé. J’ai dû m’adapter à un nouvel environnement, mais j’ai rencontré des personnes exceptionnelles, et surtout très drôles, qui m’ont rapidement mis à l’aise. Dans le football, il est important d’être ouvert et de savoir écouter les conseils, notamment dans le vestiaire. Il faut dépasser sa timidité et aller vers les autres. Les premiers temps, j’habitais avec Ibou Sané. Il est actuellement en prêt à Amiens, je regarde ses matches et on échange quasi quotidiennement.

À votre arrivée au FC Metz, qui vous a le plus aidé à vous intégrer ?x
Ablie (Jallow), Cheikh (Tidiane Sabaly) et Ismaël (Traoré) ont fait beaucoup pour moi. Ismaël m’a immédiatement pris sous son aile. On échangeait énormément, il me donnait des conseils, j’étais toujours hyper à l’écoute. Sur le terrain, on était alignés en défense ensemble. C’est un plaisir d’avoir pu nouer une telle relation avec lui. Il est venu nous rendre visite récemment à Frescaty. J’étais super content. Le coach Laszlo Bölöni m’a aussi permis de passer un cap. Il était exigeant et ne me faisait aucun cadeau Il me répétait de travailler sans relâche pour exploiter au mieux mes qualités.
« Je n’aime pas perdre »
Comment avez-vous vécu ce début de saison ?
J’ai vécu un début de saison compliqué, avec ces deux cartons rouges pris coup sur coup. Grâce à mon entourage, j’ai réussi à me relever. Dans une saison, il y a toujours des hauts et de bas, cela fait partie du jeu. Il faut se préparer à toutes les éventualités et réussir à ne jamais baisser la tête. Je travaille depuis peu avec un préparateur mental, j’ai senti que j’en avais besoin pour être plus performant et revenir encore plus fort. Il me donne des exercices de respiration, des conseils pour mieux dormir et pour être mentalement bon sur le terrain quand ça devient compliqué. Quand on est encaisse des buts, c’est très frustrant. Je n’arrivais pas toujours à bien gérer mes émotions, je n’aime pas perdre. Je sens déjà une progression dans mon attitude. Le coach et tout le staff m’ont été d’une grande aide pour que je reste toujours concentré même quand le match se tend et ce jusqu’à la fin de saison, même dans la difficulté. Cela me sera toujours utile.

Cette saison, vous semblez avoir noué une belle relation avec Danilson Da Cruz, racontez-nous ?
Danilson est très présent pour nous. Il nous aide dans de nombreux domaines, pas seulement sur le terrain. Il veut vraiment le meilleur pour nous. C’est quelqu’un de très drôle, un peu taquin aussi. Il nous pousse à rester déterminés et concentrés pour progresser.
Vous vivez votre troisième saison au club. Est-ce à votre tour d’encadrer les plus jeunes ?
Dans le vestiaire, il y a beaucoup de respect. On est solidaires et on communique énormément. J’apprécie quand Habib (Diallo), JP (Jean-Philippe Gbamin) et Benjamin (Stambouli) me donnent des conseils. Je sais que c’est pour m’aider à progresser, et au vu de leur carrière, je me dois de les écouter. J’essaie à mon tour d’avoir ce rôle auprès d’Alpha Touré. Je le connais depuis Génération Foot, il était plus jeune quand je suis arrivé. On échange beaucoup, et je pense qu’il a un énorme potentiel.
« J’ai grandi dans la même rue que Lamine Camara »
À quel point la vie au Sénégal, votre famille vous manquent ?
Ma famille me manque terriblement. J’ai une petite sœur de 19 ans, qui poursuit ses études en Gambie, où elle apprend l’anglais, l’arabe et le français. Je suis originaire de Diouloulou (Sénégal), une ville située près de la frontière gambienne. L’été, c’est le seul moment où je peux y aller, parce que c’est assez loin de la capitale, Dakar. J’ai besoin de retrouver mes amis, ma famille, ma sœur pour me ressourcer après la saison. Ils regardent mes matches et m’encouragent tout le temps, eux aussi trouvent le temps long. Quand je rentre, l’accueil est incroyable : tous les enfants du quartier viennent me voir. J’ai d’ailleurs un voisin assez connu (rires) : Lamine Camara ! On a grandi dans la même rue, à 200m l’un de l’autre. On a tout fait ensemble. Nos familles sont très proches.
Voir votre voisin soulever la CAN ça dû vous faire quelque chose ?
Alors là… J’étais tellement content et fier de lui. Ça me motive encore plus à porter un jour les couleurs de mon pays et, pourquoi pas, remporter un trophée ensemble.