
Tout d’abord, comment vous sentez-vous après avoir signé votre premier contrat professionnel ?
Je suis très content, et surtout très fier. Signer mon premier contrat professionnel avec mon club formateur, c’est un rêve que j’ai depuis tout petit. C’est exactement ce que je voulais. C’était un moment incroyable. Lors de la signature, mes parents, mes deux petits frères et ma petite sœur étaient présents. Il manquait seulement mon grand frère. C’était un super moment, j’en ai vraiment profité. Franchement, c’est l’un des plus beaux moments de ma vie.
Vous êtes né à Kinshasa, racontez-nous votre enfance.
Je suis né à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Ensuite, on a déménagé en Suisse pour suivre la carrière de mon père. Quand j’avais 4 ans, on est arrivés à Forbach. Dans ma famille, le sport a toujours eu une place importante. Ma mère est très sportive aussi, donc ça coule un peu dans nos veines. À table, on parle souvent de football. J’ai aussi un cousin qui fait du judo en équipe de France et avec la RDC. Mes parents étaient d’ailleurs présents pour mes premières minutes en Ligue 1, à Angers. Et depuis, pour presque tous mes matches à Saint-Symphorien, il y a toujours quelqu’un de ma famille dans les tribunes.

À quel moment avez-vous commencé à rêver de devenir professionnel ?
Très tôt. Mon père était joueur professionnel, donc j’avais cet exemple sous les yeux tous les jours. Mais il ne nous a jamais mis de pression, et c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Il nous a toujours laissés choisir. Quand on était petits, si on ne voulait pas aller à l’entraînement, il ne nous forçait jamais. Finalement, on a appris à être exigeants avec nous-mêmes. On a compris que la rigueur était essentielle pour réussir. Moi, dès que j’ai commencé le football à 5 ans, j’avais déjà cette idée en tête : devenir joueur professionnel. J’ai commencé à l’US Forbach avec mon grand frère Bisnat. J’y suis resté sept ans. On a grandi et progressé ensemble, et ça restera toujours quelque chose de spécial pour moi. À 12 ans, j’ai signé mon ANS avec le FC Metz, ce qui me garantissait d’intégrer le centre de formation à 16 ans. Quand je suis arrivé, mon frère était déjà là. On a partagé de super souvenirs au centre. Aujourd’hui, il joue au FC Sochaux-Montbéliard.
Au départ, étiez-vous joueur de champ ou gardien ?
Joueur de champ (rires) ! En fait, si je suis devenu gardien, c’est un peu par hasard. J’avais 9 ans, on participait à un tournoi en salle à l’Agora de Saint-Avold et notre gardien était absent. Mon grand frère a eu la bonne idée de dire que, quand on jouait dans le jardin, je n’étais pas trop mauvais dans les buts. J’étais surclassé avec les 200§ donc j’étais le plus jeune de l’équipe, on m’a fait comprendre qu’il fallait que je garde la cage pour ce tournoi et que je n’avais pas vraiment le choix. Il y avait plusieurs gros clubs dans les tribunes, dont le FC Metz. On est allés jusqu’en finale et j’ai fini meilleur gardien du tournoi… alors que je n’avais même pas de gants (rires). Après ça, le FC Metz m’a contacté pour participer à un rassemblement en tant que gardien. Et tout est allé très vite. De U9 à U15, j’ai joué gardien.
« Marquer mon premier but en Ligue 1, je ne l’ai vraiment réalisé que le lendemain au lycée »
À quel moment décidez-vous de redevenir joueur de champ ?
En U16, quand j’arrive officiellement au Centre de formation du FC Metz. Ça faisait déjà un moment que j’y pensais. Je savais que ma taille pourrait être un frein si je restais gardien. J’en ai beaucoup parlé avec mon père, avec le directeur du Centre de formation Francis De Taddeo et avec les membres du staff. On a tous pensé que c’était la meilleure décision. À la fin de ma saison en U15, on a participé à un tournoi UNSS à Troyes. On a été sacrés champions de France et j’ai terminé meilleur buteur et meilleur joueur du tournoi. Cette expérience m’a vraiment conforté dans mon choix de redevenir attaquant.
Quand vous arrivez au Centre en tant qu’attaquant, comment vos coéquipiers réagissent-ils ?
Ils étaient tous surpris. J’ai retrouvé la génération 2006 avec qui j’avais déjà joué dans certains tournois, donc ils ne s’y attendaient pas du tout. Ils m’ont posé plein de questions. Honnêtement, je n’avais pas toutes les réponses. Mais je sentais que c’était le bon moment pour tenter le coup, pour ne pas regretter plus tard. Et aujourd’hui, je suis très content de ce choix. C’est un peu le destin.

Ce parcours atypique vous apporte-t-il une certaine insouciance ?
Oui, totalement. Je ne regrette absolument pas d’avoir été gardien. Cette expérience m’aide beaucoup aujourd’hui. J’ai adoré cette période et j’en suis fier. Je respecterai toujours ce poste. Et franchement, je pense que je n’étais pas trop mauvais non plus (rires).
Expliquez-nous votre attachement au FC Metz.
J’ai grandi à Forbach, juste à côté. L’US Forbach fait partie du programme FC Metz Moselle, qui regroupe plusieurs clubs du département. Très tôt, on nous transmet les valeurs du club et de la Croix de Lorraine. Depuis que j’ai 9 ans, j’ai ce lien avec le FC Metz. Signer mon premier contrat professionnel ici, c’est une immense fierté. C’est aussi une façon de remercier le club pour tout ce qu’il m’a apporté depuis que je suis enfant.
« J’ai fini meilleur gardien du tournoi… alors que je n’avais même pas de gants »
Parlez-nous de vos premiers buts au Stade Saint-Symphorien.
C’était incroyable. Mon premier but avait quelque chose de spécial. Il neigeait ce soir-là, l’ambiance était vraiment particulière. Malheureusement, le résultat n’était pas en notre faveur. Sur le moment, je ne réalise pas trop, parce que l’arbitre siffle la fin du match juste après. Le soir, je rentre au Centre de formation encore un peu dans le déni. C’est vraiment le lendemain, au lycée, que je prends conscience de ce que j’ai fait : marquer mon premier but en Ligue 1. Le deuxième but m’a procuré autant d’émotions. Maintenant, j’espère en marquer encore beaucoup d’autres. Mais surtout, mon objectif est d’aider l’équipe à se maintenir.