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DIMANCHE 15 MARS 2026
GIORGI KVILITAIA : « LA CUISINE GÉORGIENNE EST L’UNE DES MEILLEURES AU MONDE »
image Giorgi Kvilitaia : « La cuisine géorgienne est l’une des meilleures au monde »

Vous êtes né à Abasha, une ville située dans l’ouest de la Géorgie. Quel genre d’enfant étiez-vous ? 

Je ne me souviens pas de moi sans un ballon. Toute ma vie a tourné autour du football. Mon enfance, c’était courir derrière un ballon du matin au soir. Je n’étais pas un enfant turbulent, plutôt quelqu’un de calme. Je savais ce que je voulais et je faisais tout pour y arriver. Abasha, c’est chez moi. C’est une petite ville, il n’y a pas énormément de choses à voir pour les touristes, à part quelques vieilles églises. Mais pour moi, ça restera toujours la maison, j’y suis très attaché.

Quels souvenirs gardez-vous de vos premières émotions liées au football ?

J’ai commencé à jouer vers l’âge de cinq ans. Mon père était footballeur, donc le football était déjà très présent dans ma vie. Je jouais tout le temps avec mes amis dans le quartier. À six ans, j’ai rejoint le petit club de ma ville. À cette époque, ma routine c’était simple : école – football, école – football. Je jouais aussi avec mon petit frère. Il était gardien de but, mais il a fini par arrêter... Il est devenu un peu trop fainéant pour continuer (sourire).

Si vous pouviez parler à l’adolescent d’Abasha qui rêvait de football, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais simplement : profite. Parfois, avec la pression et les attentes, on oublie de prendre du plaisir. On commence à trop penser à ce que disent les gens, les supporters ou les médias. Quand j’ai commencé le football à cinq ans, c’était uniquement parce que j’aimais ça. Et je pense qu’il faut garder ce plaisir toute sa vie. Bien sûr, il faut être professionnel et travailler dur, mais il faut aussi continuer à aimer ce que l’on fait et profiter de chaque moment.

« Toute mon enfance, c’était courir derrière un ballon »

Quelle place occupe votre famille dans votre vie ?

Ma famille est très importante pour moi. Nous sommes très proches et je les appelle tous les jours, deux ou trois fois. Mon père et mon frère étaient d’ailleurs au match contre le Paris Saint-Germain. Maintenant, j’espère que ma mère va réussir à venir aussi. J’avais 17 ans quand j’ai quitté la Géorgie. Depuis, je joue à l’étranger, donc je suis souvent loin d’eux. Mais quand je retourne en Géorgie, nous passons tout notre temps ensemble. Ce sont mes premiers supporters. Ils ont fait énormément pour moi quand j’étais jeune et je leur en suis très reconnaissant.

Paraît-il que les Géorgiens aiment se retrouver autour de grandes tablées…

Pour moi, la cuisine géorgienne est l’une des meilleures au monde. Elle reste encore assez méconnue, mais dès que des voyageurs ou des youtubeurs viennent en Géorgie et découvrent nos plats, ils en deviennent fans. Nous avons aussi du très bon vin. Bon, je sais que dire ça devant des Français peut être risqué (rires). Mais je pense qu’on peut rivaliser !

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Qu’est-ce qui vous passionne en dehors du football ?

J’essaie aujourd’hui d’apprendre davantage. Quand j’étais plus jeune, j’étais beaucoup plus concentré sur le football que sur l’école. Avec le recul, je pense que c’était une erreur. Si je pouvais revenir en arrière, je dirais au jeune Kvili d’étudier un peu plus. Quand on est footballeur, on a du temps. Après l’entraînement du matin, il reste souvent toute la journée. Aujourd’hui, j’essaie donc d’apprendre des choses que j’aurais aimé découvrir plus tôt. En ce moment, je m’intéresse beaucoup à l’histoire de la Géorgie. Nous avons un livre très important dans notre culture, une sorte d’encyclopédie, et j’essaie d’en comprendre toute la signification. C’est vraiment passionnant.

Est-ce que vous aimeriez retourner vivre en Géorgie après votre carrière ?

C’est vrai que mon pays me manque parfois. J’ai aussi le sentiment de ne pas avoir eu assez de temps pour en profiter. Après ma carrière, j’aurai certainement plus de temps pour cela. Pour être honnête, je ne sais pas encore si j’y retournerais y vivre pour de bon. Tout dépendra aussi de ce que je ferais après ma carrière. Je réfléchis encore à savoir si je veux rester dans ce milieu ou faire autre chose. Je ne me vois pas forcément entraîneur. Peut-être  plutôt dans la gestion d’un club. C’est quelque chose qui m’intéresse et que je commence à étudier.

« Ma famille reste mes premiers supporters »

Après l’entraînement, vous jouez souvent au backgammon avec Giorgi Tsitaishvili. C’est un jeu populaire en Géorgie ?  

Tout le monde n’y joue pas, mais oui, beaucoup de gens aiment le backgammon en Géorgie. Personnellement, mon jeu préféré reste les échecs. Mais Tsita ne sait pas y jouer, donc on joue plutôt au backgammon pour se challenger un peu. On aime bien cette petite compétition entre nous.

Est-ce que vous avez déjà affronté Jonathan Fischer aux échecs ?

Pas encore… et de toute façon il n’est pas encore à mon niveau (rires). On en a parlé pendant nos cours de français, mais on n’a pas encore acheté d’échiquier. Mais ça va venir !

Quelles ont été vos premières impressions quand vous avez découvert la ville de Metz ? Est-ce que Giorgi Abuashvili et Giorgi Tsitaishvili vous ont fait la visite ?

J’aime beaucoup la ville. Je n’aime pas les endroits trop bondés, avec beaucoup de circulation et de monde. À Metz, j’ai tout de suite ressenti quelque chose de calme. Et c’est une ville vraiment très belle. Nous sommes déjà allés plusieurs fois dans le centre-ville. Pendant mes jours de repos, j’essaie aussi de découvrir la ville et d’en apprendre un peu plus sur la culture française.