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Le Stade de Reims sort de sa bulle

Après deux décennies de quasi anonymat, le Stade de Reims, étonnant mais solide leader de Ligue 2, flirte à nouveau avec l’ambition de regagner les sommets. Coup de projecteur sur le futur adversaire des Grenats.
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On l’avait cru mort après avoir particulièrement bien vécu, il a fini par survivre. Mieux : aujourd’hui, il revit, agrippé à la première place du championnat de Ligue 2. Petit rappel des faits à destination de la plus jeune génération.

Nous n’irons tout de même pas jusqu’à oser apprendre à quiconque que le Stade de Reims a survolé le football français durant les années 1950 (six fois champion de France de Première Division et deux fois finaliste de la Coupe d’Europe des Clubs Champions entre 1949 et 1962), mais certains ignorent peut-être plus sûrement l’autre versant de la montagne rémoise. 1991 : relégué en National, miné par des difficultés financières, le Stade de Reims est placé en liquidation judiciaire et cesse toute activité.  Verdict : retour à la case Division d’Honneur. Ou l’aube d’une traversée du désert qui durera onze ans. Ce cataclysme aurait pu emporter avec lui l’ambition et la ferveur qui avaient jusqu’ici fait pétiller le football champenois ; mais il existe peut-être bien un dieu pour les terres sacrées du ballon rond. La dégringolade du Stade de Reims aura donc été aussi vertigineuse que sa remontée – les Strasbourgeois peuvent espérer.

Les  Rouges et Blancs retrouvent la Ligue 2 en 2002, changent leur papier à en-tête deux ans plus tard avec un titre de Champion de National qui vient bousculer un palmarès en sommeil depuis trente-huit ans, puis se reposent cinq saisons d’affilée en L2 jusqu’en 2009, date du sauvetage raté de Luis Fernandez. Mais cinq ans de tranquillité, c’est trop peu pour sculpter en acier inoxydable l’image d’un club solide. Juin 2009 : la presse évoque déjà la chute d’un monument historique; c’est mal connaître cette histoire, justement, et la réussite du Stade de Reims au rebond. Le temps de le dire, les Rémois sont les dauphins d’Evian en National, le champagne est sous l’eau mais le Stade de Reims est bel et bien déjà de retour.

Le « monument historique » passera certes une grande partie de la saison dernière aux côtés des Grenats dans la zone il ne faut pas être, mais comme eux, il s’en sortira finalement. Mieux qu’eux, peut-être : les Messins prendront vingt-huit points en dix-neuf matches retour, les hommes d’Hubert Fournier iront en conquérir trente, s’assurant un match de sérénité de plus avec un maintien fêté à la 36e journée et une très honorable dixième place finale. 

Le hic pour les Lorrains aujourd’hui, c’est que les footballeurs de la Cité des Sacres ont eu la bonne idée de reprendre leur marche en avant dès le mois d’août, comme si l’intersaison n’avait jamais existé. Vingt-quatre points en douze matches, c’est une vitesse de croisière de deux points par rencontre qui n’a pas fléchi en trois mois de compétition… c’est aussi exactement deux fois plus que les joueurs de Dominique Bijotat dont le régulateur de vitesse est bloqué à une moyenne d’un point par match.

Cause ou conséquence, les Rémois squattent les têtes d’affiches : leaders du championnat durant huit journées (sur douze), aucun dérapage hors du podium, trois joueurs parmi les vingt meilleurs passeurs et trois autres parmi les vingt meilleurs buteurs de Ligue 2. De quoi commencer à agacer ceux qui avaient pourtant vu dans leur boule de cristal, en début de saison, qu’ils ne resteraient pas longtemps aussi haut. Tiens, tiens, ne l’avaient-ils pas dit… eux-mêmes ? Stratégie classique d’autoprotection ; sûr qu’ils n’imaginaient pas que cela fonctionnerait aussi bien !

Les clefs de leur succès, comme toutes celles des réussites inattendues, n’ont pas de certificat de garantie et doivent forcément faire appel à l’interprétation. On pourrait citer pêle-mêle : un effectif stable durant l’été avec seulement cinq départs (et pourtant pas des moindres, Toudic et Gragnic !), des gaillards expérimentés (les joueurs nés en 1989 et après représentent 39 titularisations cette saison, contre 65 au FC Metz), deux gouttes de réussite ou encore cinq bulles de talent.

S’ils le voulaient et s’ils en avaient besoin, les hôtes de la Chaussée Bocquaine pourraient également faire appel aux sacro-saintes statistiques pour renforcer encore leur confiance. A Saint-Symphorien, le FC Metz n’a plus gagné en championnat face au Stade de Reims depuis 1978 ; les quatre rencontres qui ont suivi se sont soldées par des matches nuls. Mais la saison actuelle a suffisamment renvoyé à la face des Grenats ces pseudo séries en cours et autres invincibilités pour qu’aujourd’hui ces derniers n’en prennent plus acte et en fassent abstraction.

D’ailleurs, il faudra aussi faire abstraction du parcours des Rémois, défaits seulement à deux reprises, de leur attaque flamboyante (17 buts), de leur défense de fer, de leur parcours à l’extérieur meilleur que celui des Messins à domicile ou de la constellation des étoiles qui elle-même semble depuis quelque temps plus favorable aux Visiteurs de vendredi. Une chose est sûre : depuis le temps qu’il attend cela, le Stade de Reims n’est certainement pas près de lâcher prise... facilement.

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