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Les disciples d’Ettorre

La rencontre Niort – Metz de ce vendredi sera l’occasion d’opposer deux gardiens confirmés de la Ligue 2 : Christophe Marichez et David Klein. Tous deux passés entre les mains de Michel Ettorre, ils ont joué le jeu de l’interview croisée.
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Connaissez-vous votre vis à
vis ?


David Klein : « Je ne le connais pas personnellement mais nous nous sommes
croisés lorsqu’il était à Niort. »

Christophe Marichez : « Très peu. Je suis ses performances car
il évolue à Niort. Je connais son parcours car je m’intéresse
à tous les gardiens. Je sais qu’il est monté avec Valenciennes
l’année passée. Il était un peu dans le même
cas que moi. Pas prévu comme titulaire au départ et finalement,
il a participé à tous les matches. Il a également été
entraîné par Michel, ce doit être quelqu’un qui a le
goût du travail. »

Sur le plan personnel, comment
jugez-vous votre début de saison ?


D.K. : « Mon arrivée à Niort s’est très bien
déroulée. J’ai été bien accueilli par tout
le monde. Sur le plan des performances individuelles, je suis moyennement satisfait.
Il y a eu du très bon et du moins bon. Il y a des choses que j’aurais
pu mieux faire. »

C.M. : « C’est difficile de juger. J’ai parfois eu assez peu
d’interventions à effectuer au cours des matches. Cela m’oblige
à être déterminant lors des périodes où je
suis plus sollicité comme contre Montpellier lundi. Je le travaille à
l’entraînement pour pouvoir y parvenir. »

Un mot sur votre adversaire de
ce vendredi ?


D.K. : « Metz fait un début exceptionnel. 22 points en neuf matches,
c’est un rythme plus élevé que celui d’une équipe
qui monte. C’est une formation solide et efficace. Les voir à ce
niveau est une bonne chose, la place du club n’est de toute façon
pas en Ligue 2. »

C.M. : « Je connais encore pas mal de joueurs qui évoluent à
Niort. Il faut s’attendre à un match difficile. Le stade est un
peu atypique, avec une piste d’athlétisme autour, on est loin du
public. Les Chamois n’ont pas perdu depuis longtemps chez eux. Leur entraîneur
est un ancien Messin (ndlr : Philippe Hinschberger). Nul doute qu’il aura
envie de faire bonne figure face à nous. »

Ce qui vous plait le plus dans
le rôle de gardien de but ?


D.K. : « Je pense que c’est le fait de devoir assumer de grandes
responsabilités. Les joueurs de champ en ont également mais pour
un gardien, elles sont encore plus lourdes. C’est ce qui rend le poste
attrayant. »

C.M. : « Tout ! On dit souvent que c’est un poste à pression,
c’est vrai qu’il y en a une puisque nous n’avons pas le droit
à l’erreur. Mais cela a un côté stimulant puisqu’on
a également la possibilité d’être décisifs.
Et puis… j’aime bien me rouler dans la boue aux entraînements,
me mettre minable ! Dès fois, on bosse toute la semaine pour faire un
arrêt le week-end. »

Quelles sont les qualités
essentielles pour évoluer à votre poste ?


D.K. : « Il faut des qualités techniques, c’est évident.
Mais çà, les gardiens - du National à la Ligue 1 - en ont
tous. Après, c’est dans la tête que la différence
se fait. Il faut être capable de faire le vide après une erreur
et de se remettre sans cesse en question. »

C.M. : « Beaucoup de gens pensent qu’il faut être fou car
en général, avant de se jeter dans les pieds d’un attaquant,
on y réfléchit à deux fois. Mais ce n’est pas vrai,
même si nous sommes peut-être différents des autres. Je pense
qu’il faut être téméraire et surtout très concentré.
»

Quelle importance accordez-vous
à la relation avec vos défenseurs ?


D.K. : « Celle-ci est primordiale. Il est nécessaire qu’une
confiance mutuelle existe entre le gardien et son arrière garde. Cela
doit aller dans les deux sens. Ainsi, on parvient à mieux dialoguer,
à se comprendre plus vite. »

C.M. : « Il faut une grande confiance réciproque. J’aime
beaucoup parler, je le fais peut-être trop parfois. A l’entraînement,
je donne de la voix. Mes coéquipiers doivent sentir que je suis derrière
eux et ils ont besoin d’être bougés de temps en temps. Maintenant,
je ne suis pas non plus du genre à crier pour crier. Lorsqu’un
défenseur fait une erreur, je ne vais pas l’enfoncer. »

Les valeurs les plus importantes
dans le football professionnel ?


D.K. : « L’humilité. Dans ce sport, on est vite en haut et très vite en
bas. Lorsqu’on est joueur, on a l’impression d’être
des vedettes mais il ne faut pas oublier que nous sommes des êtres humains
comme tout le monde. »

C.M. : « La solidarité et la combativité. Il faut avoir
l’envie constante de se dépasser. Pour illustrer, un joueur très
doué, s’il n’a pas la volonté de réussir, ne
parviendra pas à percer. J'ai connu de nombreux exemples. Le talent ne suffit plus à ce niveau. »

Votre plus beau souvenir de joueur
jusqu’à maintenant ?


D.K. : « La montée en Ligue 1 avec Valenciennes la saison passée.
Cela m’a marqué à tous les niveaux, que ce soit par rapport
aux prestations que nous étions capables de produire sur la pelouse,
l’ambiance qui régnait au sein du groupe ou les supporters, qui
sont toujours particuliers dans le Nord. »

C.M. : « Même si je n’ai pas joué, il s’agit
du titre de Champion de France avec le RC Lens. C’était le premier
de l’histoire du club. Et puis, je me rappelle aussi forcément
de mon premier match en Ligue 1, un 19 octobre contre Rennes, en 1996 ou 1997.
»

Et le plus mauvais ?

D.K. : « La blessure. Lorsque cela te tombe dessus, tu n’es plus
rien. C’était une pubalgie lors de mon passage à Metz. J’ai
du subir une opération et j’ai ainsi manqué les trois derniers
mois de la saison. »

C.M. : « Les relégations que j’ai connues avec Metz et Niort.
Dans ces cas là, on se dit qu’on a pas été à
la hauteur, qu’il y a des choses qu’on a raté au cours de
la saison. C’est une grosse frustration, même si on cherche à relativiser en se disant qu’il y a des
choses plus grave dans la vie. Heureusement, l’envie de rebondir reprend
vite le dessus. »

Quel souvenir gardez-vous de
votre ancien club ?


D.K. : « Un souvenir assez mitigé. Il y a des côtés
positifs. J’ai notamment apprécié la ville, les gens et
le club en lui-même. La saison que nous avions réalisée
était globalement intéressante même s’il nous avait
fallu batailler jusqu’au bout pour obtenir le maintien. A côté
de cela, il y avait eu la blessure et le départ en cours de saison de
Joël Muller. Cela a terni le tableau. »

C.M. : « De très bons ! C’est grâce à Niort
si je suis ici aujourd’hui même si je suis parti sur une relégation.
J’y garde beaucoup d’amis, à l’intérieur comme
à l’extérieur du club. L’esprit était assez
familial, je m’y suis très bien trouvé. »


David Klein lors de son passage au FC Metz, en 2001-2002.

Vous avez connu la Ligue 2 plusieurs
années auparavant. Comment jugez-vous son évolution ?


D.K. : « J’ai découvert la L2 en 1998 avec Ajaccio. Je pense
que le niveau est désormais bien plus élevé, ce championnat
est en nette progression. Toutes les équipes sont mieux armées
physiquement et tactiquement. Les rencontres sont très disputées
et les écarts se resserrent. Il est très rare que des équipes
survolent la compétition. Même si certaines se détachent
au fil des matches, à la fin, il n’y a que six ou sept points entre
le trio de tête et le milieu de tableau. »

C.M. : « Il a pris de la valeur. Il y a plus de jeunes joueurs et plus
de talent. On compte également davantage de formations ayant goûté
à la première division. L’écart entre L1 et L2 a
diminué, peut-être aussi car la L1 s’est un peu affaiblie.
Mais certainement car le niveau de la L2 s’est rehaussé. »

Quel regard portez-vous sur votre
carrière aujourd’hui ? Regrettez-vous certains choix ?


D.K. : « On peut toujours remettre en question ses décisions et
se dire qu’on a fait les mauvais choix. De mon côté, j’en
ai peut-être fait un très mauvais. Mais celui-ci m’a permis,
au final, de vivre cette belle expérience avec Valenciennes et d’être
à Niort aujourd’hui. J’ai fait les choix qui me paraissaient
être les bons sur le moment, je n’ai donc aucun regret. »

C.M. : « Je ne regrette rien, j’ai connu trois clubs jusqu’à
maintenant et cela me convient car je suis quelqu’un de fidèle.
J’aime la stabilité, je n’aurai pas pu faire dix clubs comme
le font d’autres. Niort m’a fait venir de Lens, je m’y suis
affirmé. Ensuite, je suis venu à Metz, où malgré
les difficultés de l’an dernier, je vis quelque chose de bien.
Je me vois bien rester longtemps ici. Si je faisais six ans, ça serait
sympa. J’aurais fais trois club durant six ans chacun ! »

Êtes-vous frustré
de ne pas évoluer en L1 en ce moment ?


D.K. : « J’ai été déçu de ne pas pouvoir
continuer l’aventure avec Valenciennes. Si le club n’était
pas monté, ce serait la même chose. Mais je ne le suis pas de jouer
en L2. Il n’y a pas à en rougir, c’est un très bon
niveau.»

C.M. : « C’est sûr, j’aurais ardemment souhaité
que nous parvenions à nous maintenir l’an dernier. Mais c’est
fini, nous avons échoué. Le fait que certains joueurs aient choisi
de rester prouve bien combien ils sont revanchards. Nous avons envie de montrer
que c’était un accident. »

Pensez-vous rester dans le monde
du football à l’issue de votre carrière de joueur ?


D.K. : « J’aimerais bien. Je ne sais pas exactement à quel
poste, sur le terrain ou en dehors. Au fil de mon évolution, j’ai
rencontré quelques personnes qui m’ont donné envie d’y
rester. Je peux citer Michel Ettorre, que je connais très bien depuis
mes débuts à Strasbourg. Je vais attaquer un diplôme de
« Gestion des organisations sportives », cela peut éventuellement
me mener à quelque chose d’intéressant. »

C.M : « Oui, mais pas en tant qu’entraîneur. Cela me plairait
d’intégrer un club ou toute autre association sportive, davantage
dans le domaine du marketing ou de l’évènementiel. Ou peut-être
éventuellement, côté terrain, m’occuper des gardiens.
»

Le côté chambreur
de Michel Ettorre n’est plus un secret. Avec autant de blagues qui fusent
pendant les séances, arrive t-on à s’entraîner normalement
?


D.K. : « Oui bien sûr ! Cela permet d’être continuellement
dans une bonne ambiance. A l’époque, pour un jeune gardien comme
moi, c’était parfois un peu déroutant. Mais rapidement,
on parvient très vite à faire la part des choses, à savoir
quand il faut se concentrer et quand on peut se lâcher. En tout cas, il
a un don. Celui de mettre à l’aise les gens avec qui il travaille.
C’est quelque chose d’important. »

C.M. : « Il est habile, il balance ses vannes pendant les temps morts.
Cela contribue à l’idée qu’il se fait de l’entraînement,
à savoir travailler dans la bonne humeur, être sérieux sans
se prendre au sérieux. Parfois, il ne fait rire que lui mais c’est
marrant quand même ! »

Avez-vous un modèle, un
gardien que vous admirez ?


D.K. : « Non, je n’en ai jamais eu. Maintenant, certains portiers avec qui
j’ai travaillé m’ont impressionné. A Metz, Faryd Mondragon
était assez bluffant. Tout au long de la semaine, il était totalement
décontracté lors des séances, à la limite de la
nonchalance. Et une fois sur la pelouse, il savait être très performant.
Autrement, j’ai côtoyé Alexander Vencel. Tant le gardien
que l’homme m’ont marqué. Il avait une hygiène de
vie exceptionnelle qui lui a permis de durer. »

C.M. : « Lorsque j’étais plus jeune, j’étais
fan de Barthez. Mais avec l’âge, c’est différent. Je
suis admiratif de la progression de Gregory Coupet. Je le suis également
depuis assez longtemps. Il dégage désormais une sérénité,
une force. Je serais curieux de voir la façon dont il travaille car sa
courbe est impressionnante. C’est un garçon qui se révèle
grâce au travail, c’est ce qui me plait chez lui. »

Jusqu’à quand vous
voyez vous jouer au haut niveau ?


D.K. : « J’espère pouvoir jouer le plus longtemps possible, tant que physiquement, j’en
suis capable. J’ai signé un contrat de deux ans à Niort,
ce qui m’emmène jusqu’à 35 ans. Ensuite, je pense
que cela se fera au coup par coup, en fonction des opportunités. C’est
le physique qui décidera. »

C.M. : « Je n’ai pas réfléchi à cela. J’ai
31 ans, mais je me sens encore jeune ! D’autant que je suis entouré
de jeunes. En tout cas, je ne me fixe pas de limite. Quand mon corps en aura
marre, il me donnera les signes nécessaires à ce que je comprenne. »


A LA LOUPE
David KLEIN
Christophe MARICHEZ
Âge
33
31
Taille
1,85
1,82
Poids
83
75
Né à
Strasbourg
Hazebrouck
Total

matches

disputés
234

L1 : 10

L2 : 116

Nat : 108
207

L1 : 13

L2 : 194

Nat : 0
Clubs

précédents
Strasbourg

Toulouse

Ajaccio

Metz

Martigues

Clermont Foot

La Roche sur Yon

Valenciennes
Lens

Niort
Stats

2006/2007
9 matches

14 buts encaissés
9 matches

4 buts encaissés


L’œil
du technicien

« J’ai connu David lorsque je suis arrivé
à Strasbourg en 1997 en tant qu’entraîneur des gardiens.
Il était le second de Vencel et s’était un peu enfermé
dans une forme de 'confort de la doublure'. Au départ, j’ai du le
bousculer pour lui faire comprendre que ce n’était pas suffisant,
qu’il avait les capacités pour être numéro un. C’est
un ‘Alsacien bougon’, un super gosse qui aime le travail. Il a su
rebondir après la déception qu’a représenté
son départ de Valenciennes. Je l’apprécie car c’est
un garçon qui aime son métier.

Sur le plan technique, Christophe est plus tonique, plus rapide que lui. Il
compense ainsi son léger déficit de taille. De son côté,
David est plus solide dans les airs, plus puissant dans les duels. Leur point
commun est la régularité et le fait qu’ils ne se prennent
pas pour des autres. Ce sont des garçons sur qui on peut compter sur
toute une saison. »

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