Question n°1 : « Ne faut-il pas remonter en Ligue 1 AVANT de penser à rénover le stade ? »
Raisonner ainsi, c’est prendre le problème à l’envers. Aujourd’hui, le FC Metz dispose d’un outil vieillissant et qui, s’il était l’un des plus avancés de sa génération encore dans les années 80 ou au début des années 90, est en train de devenir obsolète.
Rénover Saint-Symphorien donnera la possibilité au FC Metz de proposer aux entreprises des infrastructures V.I.P. de qualité, de rentabiliser l’enceinte en organisant régulièrement d’autres manifestations mais également d’offrir à ses supporters et abonnés un confort qu’ils sont en droit d’attendre. Tout cela devrait aboutir à une augmentation substantielle des recettes du club – tant au niveau de la billetterie que du marketing – ce qui lui permettra ainsi de bâtir une équipe plus solide, et de prétendre ainsi à une plus grande stabilité sportive. Rappelons-nous l’exemple de Nancy, qui a lancé la rénovation du stade Marcel-Picot alors que le club se dépêtrait tant bien que mal tout en bas du classement de la Ligue 2 : finalement, leur pari a été pleinement réussi. Ainsi et de façon paradoxale, remonter en Ligue 1 avant de penser à rénover le stade, c’est cela qui serait mettre la charrue avant les bœufs.
Question n°2 : « Collectivités, FC Metz, opérateurs privés : qui fait quoi ? »
Le financement de ce projet pourrait être en partie apporté par les collectivités locales, mairie de Metz et Conseil Général de la Moselle en tête. L’autre partie pourrait être apportée par des fonds privés ou même par le FC Metz, grâce à un emprunt à long terme. La Ville de Metz, propriétaire du stade Saint-Symphorien, a en effet étudié la possibilité de concéder le stade au club pour une durée très longue (50 ans ou plus) sous la forme d’un « Bail Emphytéotique Administratif » (BEA) ou d’une concession de domaine public. Cela permettra au club d’être quasi propriétaire du stade et de devenir ainsi le maître d’ouvrage de la rénovation.
Cette concession devrait également permettre au FC Metz à la fois de jouir pleinement des fruits de l’exploitation de l’enceinte mais aussi d’inscrire le bâtiment à l’actif de son bilan… et donc de disposer d’une solide garantie d’emprunt auprès des banques.
Les opérateurs privés, enfin, pourraient financer deux des quatre angles au titre d’investissements immobiliers ou hôteliers. Enfin, un bâtiment supplémentaire financé également par des investisseurs privés pourra être éventuellement construit ultérieurement derrière la Tribune Sud, accueillant un parking sur trois étages, un hôtel sur quatre niveaux et un centre d’affaires panoramique sur le toit.
Question n°3 : « Que devient ce projet si Metz n’accueille pas l’Euro 2016 ? »
S’il est le fer de lance de la candidature de la ville de Metz à l’accueil de l’Euro 2016 si celui-ci venait à se dérouler en France, le projet de rénovation du Stade Saint-Symphorien ne lui est pourtant pas complètement lié. En effet, la candidature de la cité messine à l’Euro 2016 est un simple « déclencheur » au lancement de ce projet, comme l’ont affirmé eux-mêmes Bernard Serin et Thierry Jean, adjoint au Maire de Metz délégué au développement économique.
Remporter la course à l’Euro 2016 pourrait ainsi faciliter la mise en œuvre du dossier grâce au déblocage éventuel – et de toute façon probablement assez minime – de subventions par l’Etat, mais le fait de ne pas accueillir la compétition européenne ne le freinerait aucunement, les collectivités locales étant bien décidées à mener ce projet à terme quoi qu’il en soit. L’Euro 2016 apparaît donc comme un « bonus » et pas comme une condition sine qua non.
Question n°4 : « Pourquoi porter la capacité à 35 000 places alors que l’affluence moyenne ces dernières années est d’environ 11 000 spectateurs ? »
Attention à ne pas mélanger les genres. Tout d’abord, une grande partie des places supplémentaires sera consacrée à de nouveaux espaces réceptifs V.I.P., dont Saint-Symphorien manque cruellement aujourd’hui. Plus d’entreprises au stade, c’est aussi plus de recettes pour le club, et donc plus de possibilités pour construire une équipe compétitive, et attirer ainsi plus de spectateurs.
Par ailleurs, un stade Saint-Symphorien plus confortable, tant en ce qui concerne la place elle-même (l’ensemble des sièges sera changé et renouvelé, certaines places seront espacées pour plus de confort) que les commodités accessoires (coursives, sanitaires et buvettes seront rénovés et agrandis), devrait en lui-même contribuer à reconquérir une bonne partie des fidèles du FC Metz. Il faut d’ailleurs remarquer que tous les stades neufs ou rénovés ont toujours participé à l’augmentation des fréquentations, nonobstant le niveau sportif de l’équipe qui y évolue.
Enfin, n’oublions pas que ce nouveau Saint-Symphorien sera réalisé pour une durée très longue : plus de 50 ans. Un tel investissement nécessite donc un raisonnement à long terme, qui oblige à s’extraire du contexte purement actuel.
Question n°5 : « Les coûts estimés d’autres projets de rénovation de stades sont beaucoup plus élevés que celui de Metz. Va-t-on faire du ‘bricolage ?’ »
Réponse :
Le coût prévisionnel de la rénovation du stade Saint-Symphorien (hors hôtel adjacent) est estimé entre 32 et 35 millions d’euros. Une somme il est vrai largement inférieure à celle évoquée dans le cadre d’autres projets similaires : on parle ainsi de 80 millions d’euros pour la rénovation du stade Marcel-Picot à Nancy, de 60 millions d’euros pour celui de La Beaujoire à Nantes, de 100 millions d’euros (hors investissements privés) à Strasbourg pour La Meinau ou encore de 120 à 160 millions d’euros pour le Vélodrome marseillais. Mais rénovation moins chère ne signifie pas rénovation au rabais. Le cabinet Fiebiger a en effet travaillé avec l’ambition de réaliser la rénovation la plus ambitieuse possible, au meilleur coût. Une ambition qui l’avait également guidée lors de ses travaux sur le stade de Kaiserslautern, avec la réussite que l’on connaît. Et le relatif faible coût du projet présenté ne pourra qu’en faciliter sa réalisation, surtout en période de crise économique.
Question n°6 : « Qu’en est-il d’un toit rétractable, comme à Nancy ? »
Si le toit amovible n’était pas représenté sur le projet dévoilé par Bernard Serin le 10 juillet, l’option a pourtant été largement envisagée. L’étude du cabinet d’architecte prévoit ainsi que le toit rétractable pourra être ajouté ultérieurement sur le toit unique, puisque les fondations et les bases nécessaires y auront été prévues. Ainsi, le futur stade Saint-Symphorien pourra bénéficier très facilement d’un toit rétractable – par ailleurs très esthétique sur le plan visuel, voir photo ci-dessous – pour peu que les financements supplémentaires soient trouvés.

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