Une nouvelle ère commence avec l'arrivée de Charles MOLINARI. Cette ère dure depuis maintenant près de 34 ans avec une courte interruption de 1978 à 1983. A l'instar de ses devanciers, l'actuel président du FC Metz se donne entièrement aux causes qu'il défend : faire triompher le beau jeu et le fair-play, promouvoir l'image du club à la Croix de Lorraine, respecter le fidèle public de Saint-Symphorien. Sous la férule de " Carlo " - comme l'appellent ses intimes - et sous la direction du tandem Max Schirschin -René Fuchs, le FC Metz réalise une bonne saison 1967-1968, en se classant 5ème ex-aequo de la première division avec Valenciennes et en atteignant le stade des ¼ de finale de la Coupe de France, éliminé par Saint-Etienne, auteur cette année là d'un magnifique doublé. Quatre joueurs prennent une part prépondérante dans l'obtention de ce résultat flatteur : l'international Robert Szczepaniak, dit " Szep", le miraculé du football, qui a eu recourt à une ligamantoplastie (reconstruction de l'appareil ligamentaire) et dont les autres clubs français ne voulaient plus.
Le distributeur inspiré, le brillant régulateur que l'on croyait perdu à jamais pour le sport réalise des prodiges. Robert Szczepaniak sait utiliser au mieux les exceptionnelles qualités athlétiques et le jeu de tête du grand Johnny Léonard, l'avant-centre international luxembourgeois qui flambe à Metz durant deux saisons (1967-1968 : 16 buts, et 1968-1969 : 13 buts).Derrière, avec le nantais Gilbert Le Chenadec, un certain " Ferdy " Jeitz, international luxembourgeois comme Johnny Léonard, montre ses grandes qualités de libero. Cette place d'honneur en Championnat permet aux grenats de participer au premier tour de la Coupe Européenne des Villes de Foire, l'ancêtre de la Coupe de l'UEFA. Le résultat n'est guère probant, les lorrains, trop tendres, se font éliminer, dès le premier tour, par le SV Hambourg, emmené, il est vrai, par le terrible avant-centre international allemand Uwe Seeler, une véritable force de la nature. Les grenats s'inclinent 4 à 1 à domicile et 3-2 à Hambourg.
La saison suivante (1968-1969) se révéle encore plus brillante. Jacky Lemée, Jacky Pauvert, José Lopez arrivent en renfort, ainsi que l'ailier gauche international Gérard Hausser. Le milieu de terrain, quant à lui, se renforce également avec l'arrivée du " lutin " Richard Krawczyk, venu de Lens.
L' entraîneur Max Schirschin, auquel l'ancien et fidèle joueur du club René Fuchs a prêté main forte, est remplacé par une figure célèbre du monde du ballon rond : Pierre Flamion, dit la "Flamme", un coach plein d'humour, de gouaille et de connaissances techniques. Résultat de cette osmose : une magnifique 3ème place à l'issue de la saison 1968-1969 qui donne au FC Metz le droit de participer à sa deuxième campagne européenne.Le FC Metz met le cap au sud cette fois ci, puisqu'il affronte Naples au premier tour. A domicile, Szczepaniak entretient l'espoir en marquant le but égalisateur messin (67ème).
Au match retour, les messins font bonne figure puisqu'ils cèdent sur pénalty à dix minutes de la fin (2-1), et quittent la compétition la tête haute. Quant aux saisons 1969-1970 et 1970-1971, elles seront sanctionnées par un classement identique : 8ème sur 18. En Coupe de France 69-70, les messins atteignent les quarts de Finale contre l'AS Saint-Etienne (1-1 puis 0-5 lors du match rejoué), auteur d'un nouveau doublé Coupe-Championnat.
Rien que l'effort de recrutement se renouvelle chaque année, certains joueurs ne parviennent pas à justifier leur réputation. Accidents musculaires, méforme persistante...autant de raisons qui empêchent, par exemple, l'ex-international et avant-centre Guy Lassalette, et un autre grand avant et international danois, Tom Sondergaard (venu de l'Ajax Amsterdam) de donner leur pleine mesure. En revanche, les Albert Duchêne, le gardien Patrick Barth, Denis Bauda, Daniel Bourgeois, Jacky Pérignon, Victor Zvunka - qui ne tardera pas à rejoindre son frère Jules à Marseille - ne décevront pas. De même, la saison 1971-1972 à défaut de résultats réguliers, offre aux fidèles de Saint Symphorien, le spectacle d'une authentique vedette : Nestor Combin, acheté au Milan AC ! L'international Franco-argentin, avant-centre de tempérament, doté d'une frappe de mule et d'un sens instinctif du but, fait souvent chaviré de bonheur le public de Saint-Symphorien.
Il marque 16 buts au cours de la saison. Dans les buts, on retrouve cet autre international qu'est le brillant Johnny Schuth - dont le père Herbert Schuth avait gardé les filets du F.C. METZ en 1938 et dont le fils embrassera le même destin au début des années 90. L'équipe est trop irrégulière à l'extérieur et finit à la 14ème place du classement général à 23 points du Champion, l'Olympique de Marseille.