Franck Béria : « Il faut le prendre comme une ‘leçon’, j’entends par là une forme d’apprentissage. A ce niveau, c’était très riche et bénéfique. Nous avons pu avoir un aperçu de ce qu’était la Ligue 1, un niveau auquel nous prétendons vouloir accéder. Notre état d’esprit n’était pas en cause sur cette partie, mais le LOSC a fait preuve de plus de maturité. C’est essentiellement ce dont nous devons nous souvenir. »
Personnellement, comment vous êtes-vous senti durant cette partie ?
F.B. : « Cela faisait six mois que je n’avais pas joué contre une formation de ce niveau. Je ne me suis pas senti débordé ni dépassé par les événements. Lille a eu des occasions, certes, mais nous en concédons régulièrement depuis le début de la saison. Ils n’ont marqué que sur des corners. Voilà où s’est située la différence. En Ligue 2, quand nos adversaires se procurent quelques opportunités, ils ne marquent pas forcément. Cette fois, il n’en a pas fallu beaucoup. Le placement et l’attention sont extrêmement importants sur les coups de pieds arrêtés. Car aujourd’hui, le football français a changé et beaucoup de buts sont marqués sur ces phases de jeu. »
Quel
bilan faites-vous de votre première moitié de saison ?
F.B. : « Cela fait du bien de gagner, d’arriver sur le terrain avec une telle assurance, de sentir que nous allons réussir quelque chose et de jouer sans retenue. Mine de rien, c’est agréable aussi de ne plus calquer son jeu sur celui de l’adversaire, que ce soit lui qui soit obligé de s’adapter à vous. Par rapport à l’an dernier, il y a un sacré contraste. Pour autant, je dois encore travailler dans bien des domaines. Et affronter une équipe comme Lille me donne envie de mettre les bouchées doubles. »
Vous avez été expulsé à deux reprises, ce n’est pas dans vos habitudes…
F.B. : « Voilà, cela fait partie des choses que je dois améliorer. Justement, j’en parlais récemment avec Cyril Serredszum, qui trouvait que j’avais fait des progrès au niveau du comportement. Je pense que ces expulsions ont découlé de mon énervement. Depuis le début de la saison, je suis amené à être plus souvent au contact car j’évolue souvent en qualité de défenseur axial. Je dois gérer des situations qui m’amènent à être plus agressif, plus dur sur l’homme. A la base, c’est dans mon tempérament de me laisser souvent emporter par ma fougue lorsque je défends. Je dois encore apprendre à me canaliser. J’y travaille en ce moment. »
Le mois de janvier est aussi celui du mercato. Les sollicitations extérieures peuvent-elles perturber les joueurs ?
F.B. : « Cela dépend de la personnalité du joueur. Certains sont de nature à s’envoler au premier coup de fil. D’autres sont assez expérimentés pour garder la tête sur les épaules. Je pense que sur un groupe, l’impact n’est pas très important. Cela ne peut pas influer sur les performances de l’équipe, à moins que ce soit un joueur décisif de grande valeur, comme Ronaldinho, qui ait des états d’âme. Pour notre part, la force de notre groupe ne se restreint pas à quelques individualités. »
Les rumeurs concernant Ludovic Obraniak ne vous touchent donc pas…
F.B. : « C’est bien vécu par l’ensemble du groupe. On est là, on continue notre aventure. Ces histoires, cela le concerne lui uniquement. C’est sa carrière. Je ne peux pas dire qu’on s’en fiche mais cela ne nous atteint pas plus que ça. »
Vous
même, avez-vous pensé à votre avenir ?
F.B. : « Pas dans l’immédiat. Je me pose quelques questions mais j’essaie de ne pas trop y réfléchir pour l’instant. Je suis humain, je n’ai pas envie de me prendre la tête avec ça. Autrement, ça me polluerait l’esprit au quotidien lors des entraînements ; et bien sûr pendant les matches. On ne peut pas gérer le sportif et l’extra sportif en même temps. »
Revenons au terrain. Vendredi, vous recevez Reims, êtes-vous revanchards ?
F.B. : « Complètement. Déjà, c’est la seule équipe qui nous ait battus en championnat. Et le moins que l’on puisse dire est qu’ils méritaient leur victoire. Cela nous donne encore plus envie de prendre notre revanche. Il faut montrer qu’à Metz, c’est différent. Que c’est difficile de repartir d’ici avec des points. Nous avons aussi un statut de leader à justifier. Tout cela fait que nous sommes très motivés pour ce match. »
Accorderez-vous une attention particulière au duo Féret – Fauré ?
F.B. : « Ce sont deux joueurs prépondérants dans leur dispositif. Tout passe par eux, je serais d’ailleurs curieux de voir si l’équipe aurait un aussi bon rendement en leur absence. Néanmoins, on doit se méfier de tout le monde ; notamment de Johan Liebus, un gardien qui est capable d’écoeurer un attaquant par une parade d’exception. Il ne faut pas leur laisser un centimètre et bannir tout laxisme de nos gestes. C’est le genre d’équipe qui sent lorsque son adversaire a une faiblesse et aime en profiter. »