« On se sent forts »

Entretien

Publié le : 14/11/2006, 00h00
Auteur : P.G.


Alors que sa formation semblait devoir s’incliner, Laurent Agouazi est tombé à pic. De la tête, une nouvelle fois, il a trouvé le chemin des filets et permis au FC Metz de ramener un point du Havre. Voici ses impressions au lendemain de la rencontre.
Laurent, quel est votre sentiment, avec du recul, sur le match d’hier soir face au Havre ?

Laurent Agouazi : « Nous nous savions attendus et c’était, comme prévu, un match difficile. Le Havre avait besoin de rebondir et nous a mis une pression énorme d’entrée de jeu. Nous avons fait le dos rond et laissé passer les occasions. En deuxième mi-temps, j’ai un ballon de but qui frappe la barre. Je pense que si ça rentre, le match est plié. Ensuite, nous concédons un penalty sur une faute qui n’existait pas. Tout le monde l’a vu, même nous depuis la pelouse. Ca nous a mis la rage. Parce qu’on galérait. On a eu l’impression que tous les éléments étaient contre nous... »

Et puis il y eut cette égalisation, à quelques instants du coup de sifflet final…

L.A. : « Dans le stade, il ne devait plus se trouver grand monde pour y croire. A part nous, sur le terrain, et notre banc de touche. Mais c’est notre force. Qu’on soit en difficulté ou qu’on survole la partie, on ne se relâche pas. Nous essayons depuis le début de l’année d’instaurer entre nous une ‘haine de la défaite’. Je pense qu’en cette fin de partie, elle s’est matérialisée. »

Depuis quelques matches, vous concédez davantage d’occasions. Comment l’expliquer ?

L.A. : « Physiquement, nous sommes moins bien. Beaucoup de joueurs ont participé à la plupart des rencontres. Ensuite, nos adversaires nous connaissent mieux. Nous sommes passés au peigne fin chaque semaine. On peut dire que ça fonctionne puisqu’ils ont beaucoup d’opportunités de marquer. Mais d’un autre côté, ils ne les concrétisent pas. »

Tout de même, vous ne pouvez pas miser éternellement sur des résultats à l’arrachée…

L.A. : « Soyons clairs. Aujourd’hui, on ne peut pas être satisfaits de la qualité de notre jeu. Au niveau des enchaînements offensifs, dans la transmission du ballon, nous sommes capables de faire dix fois mieux que cela. Nous nous sommes mis dans une situation d’attente car nous savions que nous ne pouvions pas faire autrement. Et au final, hier, que peut-on nous reprocher ? Nous étions vraiment mal et nous nous sommes quand même procurés trois occasions : ‘Babs’ (ndlr : en première temps, il a manqué de profiter un mauvais dégagement de Mandanda) et moi (une transversale, un but). A partir de là, on peut dire que notre gestion du match était quasiment parfaite. »

Que vous faut-il pour retrouver plus d’aisance ?

L.A. : « Nous accusons un léger déficit physique mais le problème est aussi mental. Rester tout en haut du classement donne plus d’obligations, c’est usant. Nous avons besoin d’un match au scénario idéal, une rencontre où l’on marquerait tôt par exemple. Cela nous permettrait peut-être de nous libérer et de pouvoir retrouver notre jeu offensif. J’espère que ce sera la prochaine, face à Ajaccio. En attendant, il faut tendre le dos au moins jusqu’à la trêve. »

Même lorsque vous êtes largement dominés comme au Havre, vous en sortez indemnes. Vous sentez-vous intouchables ?

L.A. : « Non, car nous savons bien que toute série a une fin. Mais par contre, nous nous sentons forts. Hier, nous nous sommes fait marcher dessus, dominer pendant la majeure partie de la rencontre. Et nous avons encaissé ce but. Alors, on s’est regardés avec Sébastien Bassong et on s’est dit qu’on allait revenir au score. On connait la suite. Cela prouve que même quand nous passons à travers, nous sommes là pour aller chercher des points. C’est vraiment une grosse qualité. »

Sur un plan plus personnel, quelles sensations avez-vous eu au cours de la partie ?

L.A. : « J’avais pour mission de remplacer Ludovic Obraniak quasiment poste pour poste. Il a fallu que je trouve quelques repères car j’ai pour habitude d’évoluer davantage dans l’axe derrière les deux attaquants. J’ai eu du mal à rentrer dans le match à l’image de toute l’équipe. Je manquais aussi de rythme. En seconde période, ça allait beaucoup mieux. Je répondais davantage dans les duels, tactiquement, techniquement et surtout physiquement. Ce but est venu couronner le tout. Il permet à l’équipe de repartir avec un point. C’est aussi sur le mental que je l’ai marqué. »

Vous aviez déjà marqué de la tête face à Créteil. Sagit-il d'une coïncidence ou c’est votre spécialité ?

L.A. : « C’est un point fort que j’ai depuis un certain temps. Il m’arrivait régulièrement de marquer de la sorte en équipes de jeunes. Je pense que la réussite dans cet exercice est totalement liée à la volonté. Le timing, la taille… tout ça, je n’y crois pas. Si tu as plus la hargne que ton adversaire, tu la mets au fond. »


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