Mes années Grenat... Bernard Zenier

Il était une fois …

Publié le : 24/05/2006, 00h00
Auteur : G.Q.


Aujourd’hui membre de la cellule de recrutement du FC Metz, Bernard Zénier revient sur ses années de joueurs, auréolées d’une Coupe de France en 1988. Une carrière qu’il termina en Lorraine dix-sept ans après y avoir débuté.
Quels souvenirs avez-vous de votre premier match au FC Metz (16 août 1974) ?

Bernard Zenier : « D’excellents puisque j’ai inscrit à cette occasion mon premier but en Division 1 alors que je n’avais pas encore dix-sept ans. C’était un match contre Lyon et nous avions gagné 3-1, j’ai débuté la partie et marqué le troisième à quelques minutes de la fin du match. Un mois plus tard, j’en ai inscrit deux contre Nantes à Saint-Symphorien. »

Comment aborde-t-on le championnat de Division 1 lorsqu’on a seulement 17 ans ?

B.Z : « C’était un rêve pour moi de jouer en D1 et les jours précédents mon premier match, je ne pensais qu’à ça. Je ne dormais plus la nuit. Sur le terrain, les 2-3 premières minutes sont propices à l’appréhension, on a du mal à prendre ses marques. Après, on joue sans penser à autre chose. Je ne crois pas que j’étais insouciant à cette époque, c’était dans l’air du temps de débuter si jeune. Nous étions plusieurs de la même génération à débuter à cet âge : Michel Ettorre, Patrick Battiston… Mais le plus dur pour un footballeur, c’est de confirmer. Et quand je dis ça, je ne parle pas de tenir pendant un an mais de réussir à faire une carrière d’au moins dix ans sans accroc. »

Trois ans après vos débuts, vous découvrez la sélection nationale. Etait-ce une surprise pour vous ?

B.Z : « On est toujours surpris lorsque le sélectionneur fait appel à vous pour la première fois. J’ai joué dans toutes les catégories de l’équipe de France et c’est à dix-neuf ans que je revêt le maillot des « A » avec une grande fierté. En fait, Michel Hidalgo m’avait sélectionné après un match de Coupe de France avec le FC Metz contre Chaumont (D2). Nous avions gagné 5-2 et j’avais marqué les cinq buts de mon équipe. Cette première cape est un souvenir mémorable puisque nous affrontions l’Allemagne de l’Ouest championne du monde 1974. Nous avions gagné 1-0 grâce à un but d’Olivier Rouyer pour le dernier match international du « Kaiser », Franz Beckenbauer. J’ai joué trente minutes ce soir là au Parc des Princes et cela restera un grand souvenir. »

Quel regard portez-vous sur le FC Metz aujourd’hui ?

B.Z : « Bien sûr, je suis très attristé par la descente du club en Ligue 2. A l’époque, on se réjouissait de voir Metz et Nancy en première division pour jouer le derby et que la Lorraine soit bien représentée. L’an prochain, ce ne sera plus le cas. J’espère ardemment que le club remontra très rapidement en Ligue 1. »

Quelle différence flagrante observez-vous entre le football de votre époque et celui d’aujourd’hui ?

B.Z : « L’argent a changé la donne. Il y a trente ans, les gros clubs avaient deux fois le budget des petits clubs alors qu’aujourd’hui, un club comme l’Olympique Lyonnais a quasiment dix fois le budget du FC Metz. Il devient plus difficile de rivaliser et d’être compétitif pour un club comme le nôtre. Il y avait aussi plus de joueurs du cru dans les équipes. Mais est-ce une explication valable ? Il est vrai aussi qu’à l’époque, après chaque match, nous nous voyions à sept-huit pour aller au restaurant. Les joueurs le font-ils encore aujourd’hui ? Et si ce n’est pas le cas, ce phénomène a-t-il vraiment une incidence sur le terrain ? C’est difficile de répondre à toutes ses questions… »

Ce que vous avez vécu lors de vos passages à Bordeaux et Marseille était-il foncièrement différent de ce que vous avez connu en Lorraine ?

B.Z : « Ce n’est pas la même planète. A Bordeaux, le président Bez venait régulièrement nous voir en nous mettant la pression : il faut être champion ! Nous avions un effectif important et la seule ambition du club était le titre. Je n’y suis resté qu’une saison et nous avions rempli notre objectif. A Marseille, c’était encore différent car le club remontait de division 2. La pression venait plus du public et de la presse régionale. »

En tant qu’ancien attaquant, quel est votre sentiment sur le manque de spectacle sur les stades de Ligue 1 ?

B.Z : « Le football a changé et cette évolution touche aussi les systèmes tactiques. Les défenses françaises sont mieux organisées qu’à notre époque et cela devient plus difficile pour les attaquants de se procurer des occasions de buts. Concernant les idées de bonus proposées par Michel Hidalgo, je serai favorable à une option qui rajouterait un point à une équipe qui gagne par trois buts d’écart. L’état d’esprit changerait peut-être. Cela mérite réflexion. »


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