Nasser, comment vous-sentez vous aujourd’hui, après ce match nul face à Toulouse ?
Abdelnasser Ouadah : La déception est encore présente. Mais nous devons faire le "deuil" de ce match et en garder le positif afin d’aller à Sochaux pour y prendre les trois points. Joël Muller a eu les mots justes ce matin avant l’entraînement. Il nous a dit qu’il fallait tout faire pour gagner afin de ne pas avoir de regret. Si nous y parvenons, alors, l’amertume de cette égalisation s’estompera. Nous aurons l’occasion de partir la veille et de préparer sereinement ce rendez-vous. Je crois donc fermement que nous pouvons réussir un résultat.
Et vos deux occasions, les avez-vous digérées ?
A.O . : J’ai revu les images. Je n’ai pas de regret car à chaque fois, je pense avoir fait le geste qu’il fallait. La tête est enlevée par un Toulousain alors qu’elle prenait le chemin du but. Quant à Revault, sur la seconde occasion, il a dû être bien heureux de voir atterrir le ballon sur le poteau. Nous avons eu d’autres situations que nous aurons pu mieux gérer. Maintenant, je ne jette la pierre à personne. Stéphane Borbiconi a fait un gros match et fait cette maladresse en fin de match. Peut-être qu’on aurait pu dégager le ballon en touche plus tôt, faire une faute à quarante mètres de notre but… On ne peut plus revenir en arrière. Ce genre de chose arrive plus souvent aux équipes de bas de tableau. Il suffit de regarder Strasbourg et le nombre d’occasions qu’ils se créent sans parvenir à concrétiser.
Peut-on dire que vous avez réalisé votre meilleur match cette saison ?
A.O. : Ma progression a débuté à Sedan, elle s’est confirmée à Rennes puis face à Ajaccio. A Lens et Troyes, je pense avoir apporté le maximum de ce que je pouvais. En fait, je me sens aussi bien en ce moment que lorsque j’étais à Ajaccio. Sur les 17 matches que nous avons joué, j’en ai manqué six pour cause de blessure. J’ai joué onze matches, dont quatre ou cinq où je suis passé au travers. Ca, j’en serai redevable auprès du club toute la saison.
Comment expliquez-vous ce retard à l’allumage ?
A.O. : Il faut reprendre les choses à leur commencement. Les mois précédents mon arrivée à Metz, j’avais bataillé pour le maintien avec l’ACA alors que j’étais en fin de contrat, avec tout ce que cela implique. Je me suis posé beaucoup de questions sur mon avenir. Lorsque j’ai signé ici, tout semblait réuni pour que je réussisse. Je revenais dans ma région, après une bonne saison à Ajaccio, je signais un bon contrat. Cela a représenté pour moi un gros soulagement, une grosse coupure. Ma première prestation à Paris avait été satisfaisante, ce qui m’a conforté dans une attitude qui n’était pas la bonne. Les sollicitations pleuvaient de partout, je découvrais un certain confort car les installations ici sont différentes d’Ajaccio. Bref, je me suis trop dispersé. Maintenant, j’ai digéré le changement d’environnement, de méthodes d’entraînement, de façon de jouer. Et puis, j’ai fait le ménage autour de moi. Je vis un peu plus en "ermite". Cela me permet d’être meilleur sur le terrain et c’est l’essentiel. D’ailleurs, je me rend compte que les gens sont beaucoup plus indulgents avec moi désormais. Avant, je pensais que s’ils l’étaient, mes performances s’amélioreraient. Mais c’est l’inverse qui se produit. J’ai pris le problème dans le mauvais sens. C’était à moi de faire l’effort.
Par le passé, votre nom est souvent revenu dans des histoires de conflit entre joueurs…
A.O. : Il y a eu des tensions, de la nervosité et des accrochages, comme dans toute équipe qui vit une mauvaise période. Mais je n’ai de problème avec personne. Je suis bien ici et je veux le montrer. D’ailleurs, j’ai tenu à aller fêter les deux buts samedi auprès des spectateurs de la Tribune Nord, avec qui j’avais eu quelques problèmes. J’ai entendu qu’on soupçonnait des tensions entre moi et Ludovic Obraniak, il n’en est rien. C’est un garçon que j’apprécie et avec lequel je m’entend très bien. J’ai bientôt 30 ans, il en a 20, si je peux lui apporter un peu de mon expérience et que cela le rende plus performant, tout le monde sera gagnant. J’aime qu’on s’appuie sur moi dans le jeu, toucher beaucoup de ballons comme c’est le cas en ce moment. A l’entraînement, je ressens une adhésion autour de moi. Si je fais un mauvais choix, il y aura toujours un partenaire pour me soutenir, m’encourager. Je me sens très bien au sein de ce groupe et ne regrette en aucun cas d’avoir signé ici.
Les huit points d’écart qui vous séparent de Troyes ne vous désespèrent pas ?
A.O. : Déjà, je ne pense pas qu’en terme de qualité, il y ait huit points d’écart entre Metz et Troyes. Nous avions fait match nul chez eux, mais je pense qu’ils ne sont pas passés loin d’une défaite. Je fais peut-être une crise d’optimisme. Mais en ce moment, notre équipe ressemble beaucoup plus à quelque chose, c’est plus cohérent, nous sommes plus sûrs de nous. J’ai des amis extérieurs à Metz qui regardent nos matches, ils me disent que ce n’est plus la même équipe. Nous commençons à voir ce dont nous sommes capables et je pense que nous pouvons encore progresser.