Un rêve de gosse
L’affaire faillit même se réaliser trois ans en arrière,
lorsque Ouadah arriva en fin de contrat avec Niort, club avec lequel il manqua
de peu l’accession en Ligue 1. Mais en égalisant lors d’un
Metz – Lorient de triste mémoire, Jean-Claude Darcheville avait
également scellé l’avenir de l’Algérien, qui
préféra rejoindre l’AC Ajaccio, fraîchement promu
au sein de l’élite. L’évocation de cette anecdote
en appelle une autre : « C’est vrai, sourit-il, on s’est
manqué pour un but. Nous en parlions tout à l’heure. D’ailleurs,
il y avait un poster des vainqueurs de la Coupe de France accroché au
mur. J’ai cité chaque joueur à Patrick Razurel. Mon enfance
a été bercée par le FC Metz. Quelque part, arriver ici
par la grande porte est un rêve de gosse. »
Si l’ancien Nancéien parle ainsi, c’est parce que son passage
sous le maillot frappé du chardon lui laisse un goût d’inachevé.
Après plusieurs saisons à l’étage inférieur,
il n’a jamais pu s’imposer comme un titulaire à part entière
une fois le club en Ligue 1. Pour autant, il ne jette pas la pierre à
l’ASNL : « J’ai ma part de responsabilité dans
l’histoire. » Il retrouvera sans esprit de revanche son
ancienne formation cette saison, pas plus excité par le derby que par
un autre match : « Les joueurs nancéiens d’aujourd’hui
ne sont plus ceux de l’époque et je suis déjà revenu
à plusieurs reprises à Picot. Pour moi, cette rencontre ne sera
pas différente des autres. De plus, j’ai connu les confrontations
entre Ajaccio et Bastia. Maintenant, je pense avoir atteint une certaine maturité.
Cela me permet de relativiser la pression et de mieux la gérer. »
Au sein d’un effectif jeune, il n’est justement pas impossible que
Ouadah se voit confier d’avantage de responsabilités. Rodé
aux joutes les plus âpres, il ne craint pas d’endosser ce rôle.
« J’aime les responsabilités. Le club veut un joueur
cadre, je suis prêt à l’assumer. Bien évidemment,
cela passe dans un premier temps par des performances sur le terrain. »
Naguère positionné en numéro dix « à l’ancienne
», cet habile manieur de ballon a récemment adapté son jeu
aux rigueurs du football actuel. C’est Roland Courbis qui l’a replacé
en « milieu relayeur ». Ouadah connaît déjà
quelques têtes au sein de l’équipe messine. «
Grégory Wimbée et Mehdi Méniri, avec qui j’ai joué
à Nancy. J’espère d’ailleurs que ce dernier restera,
tant il peut nous apporter sur le plan humain et sportif. Autrement, j’aurais
plaisir à jouer aux côtés de Grégory Proment que
je connais également. Quant à Stéphane Borbiconi, j’ai
joué avec son frère ! » Il vient seulement d’arriver
et Nasser Ouadah semble déjà faire partie des meubles…