Daniel Jenni, footballeur-étudiant

Le Feu Sacré

Publié le : 08/10/2003, 00h00
Auteur : J-M.S. / Le feu sacré


Des rangs des corpos à l’équipe professionnelle…ou le parcours peu commun de celui qui pendant dix ans occupa les flancs de la défense messine avant de réussir une bien jolie reconversion.

Retrouver les gens des années après permet (parfois) de gommer certaines erreurs : contrairement à l’idée reçue et écrite régulièrement par les chroniqueurs de l’époque, Jenni s’écrit avec un i et non un y…comme nous fûmes nombreux à faire l’erreur en son temps. Mais on sait qu’il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir ! Daniel Jenni donc a disputé pas loin de 300 matches sous le maillot messin alors qu’au départ il semblait engagé sur une toute autre voie. Etudiant à la Fac de Sciences de Metz, il fut amené à effectuer un stage à la Davum, société bien établie sur la place messine et au sein de laquelle un certain nombre de corpos évoluaient dans une équipe managée par Marcel Husson, lequel cumulait avec ses fonctions d’entraîneur de l’AS Talange. L’équipe ainsi composée et dirigée balayait tout sur son passage et Daniel Jenni, qui avait porté les maillots du Ban St Martin et de l’ARC Metz précédemment, suivit finalement Marcel Husson à Amnéville. Il s’en tira si bien qu’il fut retenu en sélection de Lorraine pour la Coupe des Ligues, laquelle était alors un sacré révélateur pour les meilleurs footballeurs amateurs en l’absence de centres de formation tel qu’on le conçoit de nos jours. Et, durant ces rencontres interrégionales, Daniel Jenni fut repéré par le FC Metz, franchissant ainsi le Rubicon alors qu’il avait jusqu’alors privilégié les études, s’apprêtant même à s’engager dans la carrière de professeur de construction mécanique ! « Ce fut bien évidemment un moment particulier dans ma vie, notamment lors du premier match disputé à Reims avec comme adversaire direct l’Argentin Santamaria. Je m’en étais pas mal sorti et en 1974 je signais mon premier contrat pro, une chose extraordinaire mais qui s’accompagna aussi de difficultés car le milieu pro était plutôt fermé et il n’était pas trop bien vu d’être en même temps étudiant. Mais à force de ténacité et de pugnacité, j’ai réussi à ouvrir les portes d’un autre monde, un rêve de gosse que je croyais ne jamais réaliser. » Au point d’être remarqué pour jouer en Equipe de France amateurs, une sélection qu’il refusa à la demande de M. Huart car il y avait un match important à disputer avec Metz… Durant sa carrière pro, Daniel Jenni côtoya ainsi plusieurs entraîneurs (René Vernier, Georges Huart, Marc Rastoll, Jean Snella et Henry Kasperczak. Ses partenaires sur le terrain avaient -entre autres- pour nom Patrick Battiston, Joël Muller, Jacky Perignon ceux avec lesquels il avoue encore aujourd’hui avoir eu des points communs, ou encore le Hollandais Wim Suurbier ou Bruno Zaremba « avec qui nous formions un sacré trio ». De quoi emmagasiner un bon paquet de souvenirs, ravivés fort opportunément lors des « JPO » du 22 juin dernier, une manifestation que Daniel a apprécié à sa juste valeur.

Toujours fidèle au FC Metz

Après une carrière pro bien remplie, Daniel Jenni a connu plusieurs régions, au hasard du football et de ses emplois mais il n’a jamais cessé d’être supporter du club grenat.

Après Metz, l’ancien défenseur mit le cap sur le FC Périgueux en tant qu’entraîneur-joueur: « J’ai connu les difficultés du foot amateur, les fausses promesses aussi. Ce fut une mauvaise période au terme de laquelle j’ai donné la priorité à ma carrière en partant à Brive où j’entraînais et je jouais mais aussi où j’avais été embauché à la ville en tant qu’ingénieur, responsable du parc automobile. J’y suis resté jusqu’en 1990, conscient à cet instant d’avoir effectué le tour complet. Mes enfants grandissaient, il leur fallait une ville universitaire pour poursuivre leurs études (le fils a un DESS de psychologie, la fille un DESS de maths, ndlr). J’avais le choix entre Lyon, Paris et Angers. J’ai choisi cette dernière ville qui se rapproche par son ampleur de Metz et nous ne sommes pas loin ni de l’océan ni de Paris. Par ailleurs mon fils pouvait continuer à jouer au foot à un certain niveau et il opère encore aujourd’hui en CFA à Pacy-sur-Eure. Nous avons fait construire et désormais nous sommes bien posés en terre angevine. » Daniel y occupe des fonctions importantes à la communauté d’agglomération qui regroupe 29 localités : il y est en charge du service de l’eau et de l’assainissement avec un emploi du temps bien chargé et des compétences sans cesse élargies dans la fonction territoriale. Un plein succès donc sur le plan professionnel où il a su utiliser à son profit les vertus mises en avant sur les terrains de sport, vertus tirées pour partie de ses origines polonaises. S’il a coupé avec le football en tant que praticien, il continue par contre d’en être un mordu devant le petit écran : « Je suis resté fidèle au FC Metz. Quand ils viennent jouer à Nantes ou en coupe dans la région, je me déplace. Sinon, je suis à la TV. »
Pour le reste il entretient la forme par des footings et depuis un peu plus d’un an par le golf, des loisirs mérités pour une reconversion parfaitement réussie.


Daniel Jenni en bref

Né le 13 novembre 1949 à Metz
A joué au Ban St Martin, à l’ARC Metz, à Amnéville puis au FC Metz de 1972 à 1981
Entraîneur-joueur au FC Périgueux en 1982 puis à Brive jusqu’en 1990
Installé désormais à Angers où il est ingénieur au service de l’eau et de l’assainissement de la communauté d’agglomération.
Marié et père de deux enfants.


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