André REY : ''Je n’oublierai jamais Metz''

Il était une fois …

Publié le : 13/11/2002, 00h00
Auteur : J-M. S.


Durant six ans «Le Grand» a gardé les buts messins, faisant front dans toutes les circonstances avec un réel bonheur aux assauts adverses. C’était à la fin des années 70. Il ouvre aujourd’hui la rubrique «Il était une fois» souhaitée par tous les fidèles du site.

"Cela fait 22 ans que j'ai quitté Metz et les gens pensent encore à moi." A l'évidence, André Rey a été surpris de la demande des internautes. Surpris mais ravi car le temps qui passe n'altère manifestement pas les souvenirs qu'il a conservés de son (long) séjour sur les bords de la Moselle. Si tel devait être le cas, les deux photos accrochées dans son bureau de président-directeur général viendraient lui rappeler cette époque de sa vie. Elles datent en effet de la période au cours de laquelle le "banni" de Strasbourg avait conquis le cœur des Lorrains après un coup de poker dont le président Molinari a émaillé sa carrière.
Formé à Rosheim, équipe de première division départementale, André Rey rejoint très naturellement le Racing strasbourgeois où il signe en 1969 un contrat stagiaire avant de passer pro en 1972. Un avenir doré lui semblait promis quand, dans la longue valse des entraîneurs connue par le club bas-rhinois, surgit un technicien hollandais du nom de Hollink qui invite tout simplement André à choisir une autre voie que le football ! Mais le président du FC Metz s'est fait une spécialité de remettre en selle ceux que les autres ont laissé au bord du chemin. Alerté par un ami, il se souvient notamment que "Le Grand" a fait des misères aux Grenats lors d'un match de Coupe de France en arrêtant deux penaltys de Daniel Bourgeois. Il faut dire qu'il y a urgence dans la maison messine car Patrick Barth (aujourd'hui entraîneur des gardiens, NDLR) s'est grièvement blessé lors d'une rencontre à Saint-Etienne. Nous sommes fin octobre 1974 et Michel Ettore n'est encore qu'un garçon en devenir...

Retour à la lumière

André Rey comprend aussitôt que la chance lui fait un clin d'œil et il accepte la proposition messine. Les premiers temps sont douloureux avec notamment deux revers consécutifs, le temps pour chacun de trouver ses marques et les automatismes nécessaires. Puis à partir de janvier, c'est une série de 14 rencontres sans revers connue par le FC Metz. André Rey a bien remis le pied à l'étrier et cela va lui valoir six saisons pleines et heureuses et aujourd'hui encore des images plein la tête.
"J'aurai toujours à l'esprit ce que m'ont apporté le président Molinari, les supporters, toute une région acquise à la cause de son club. Tout cela m'a permis de m'affirmer au plus haut niveau et on ne peut bien évidemment pas rayer cela de sa mémoire." S'il avoue aujourd'hui ne plus aller au stade, André Rey reconnaît par contre profiter de chaque retransmission télévisée de matches où Metz est engagé : "J'ai vu les rencontres sur Eurosports et je pense qu'avec Jean Fernandez, qui a fait ses preuves ailleurs, l'équipe peut aller au bout de son ambition, c'est-à-dire de remonter. Malgré un début quelconque en effet, l'effet a retrouvé la marche avant et aujourd'hui tout le monde doit y croire. Et cela même si le foot français a marché et marche encore sur la tête. Trop d'abus ont été commis, il faut maintenant revenir à l'humilité et à la raison. Et dans ce cadre renouvelé, Metz doit trouver sa place."
Et, comme pour étayer ses dires, "Le Grand" nous rappelle les paquets de linge sale qu'il ramenait à laver à son épouse ou les prolongations d'entraînement avec les autres membres de la "bande des trois" (Michel Ettore et Stéphane D'Angelo) car il n'y avait pas d'entraîneur des gardiens. "On assumait, on bossait pour nous, des vertus qu'il faut retrouver. Car à Metz, le président, les supporters c'est du vrai, pas du pipeau. Les Lorrains sont des gens valeureux."
Etonnez vous après cela qu'il avoue un petit faible pour le RC Lens...car avec Joël Muller, André Rey a partagé cinq saisons dont une sous le maillot niçois. Quand on vous disait qu'André était un fidèle parmi les fidèles...avec une seule petite dérive, quand il termina sa carrière active de footballeur avec le maillot n°10 sous les couleurs de Duppigheim.



André REY en bref

Né le 11 janvier 1948 à Strasbourg.
Père de deux fils Jean-François et Grégory.
Activité professionnelle : PDG de "André Rey Diffusion", société spécialisée dans la fabrication de fermetures, portes et fenêtres.
Clubs successifs : RC Strasbourg (1er contrat pro en 1972), Mulhouse, Strasbourg, FC Metz (1974 à 1980), Nice (1980-1982), Mulhouse, La Roche sur Yon.
Sélectionné à 10 reprises en Equipe de France, la première fois contre l'Allemagne de Franz Beckenbauer (victoire 1-0, but de Olivier Rouyer).

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